Chris Stipdonk bat le record du saut sur jointures aux Jeux d’hiver de l’Arctique

Chris Stipdonk, de l’équipe des Territoires du Nord-Ouest, a parcouru 217 pieds (environ 66 mètres) au saut sur jointures aux Jeux d’hiver de l’Arctique à Whitehorse. (Fenn Mayes/Radio-Canada)

Un nouveau record du monde au saut sur jointures, le knuckle hop, a été établi mercredi après-midi lors des Jeux d’hiver de l’Arctique. Chris Stipdonk, de l’équipe des Territoires du Nord-Ouest, a parcouru 217 pieds (environ 66 mètres) dans ce sport considéré comme l’un des plus difficiles de la compétition.

Les concurrents doivent en effet s’appuyer seulement sur leurs jointures et sur leurs orteils et avancer en sautant tout en gardant le corps en position de planche. Sa performance lui a valu l’ulu d’or (la médaille d’or), et l’athlète a aussi battu son propre record du monde ainsi que le record aux Jeux de l’Arctique, qui tenait depuis plus de 40 ans.

« J’ai été nerveux toute la journée; je n’ai pas beaucoup mangé, car je ne pouvais rien garder », a-t-il indiqué après la compétition.

Chris Stipdonk avait des bandages sur les mains, à cause de blessures. « Ma femme a dit que c’était le pire qu’elle ait jamais vu », dit-il, expliquant que, lorsqu’on est fatigué, il est difficile de sauter, et on finit alors presque toujours par traîner les mains par terre.

Il est toutefois d’avis que la douleur en valait la peine.

J’ai battu mon record du monde. J’ai battu le record des Jeux d’hiver de l’Arctique. Ça a été un parcours avec des hauts et des bas, des défis successifs, des échecs… J’ai l’impression que je pourrais écrire un livre.Chris Stipdonk, champion au saut sur jointures

Le saut sur jointures découle d’un jeu traditionnel inuit où les personnes imitent le mouvement du phoque, un exercice qui servait autrefois à entraîner les chasseurs à la patience et à l’endurance à la douleur.

Un record de 1988…

Rodney Worl, de l’Alaska, a établi un record de 191 pieds (environ 58 mètres) aux Jeux d’hiver de l’Arctique en 1988. Chris Stipdonk, qui a 40 ans et qui est originaire de Fort Simpson, l’a dépassé il y a quelques années, mais jamais aux Jeux d’hiver de l’Arctique.

En 2020, lors des sélections des Jeux d’hiver de l’Arctique, à Inuvik, il avait parcouru 200 pieds et 8 pouces (un peu plus de 60 mètres), mais la pandémie de COVID-19 avait forcé l’annulation des Jeux. Puis, en juillet 2022, il a parcouru 206 pieds (environ 63 mètres) lors des Jeux d’été autochtones, à Yellowknife.

En 2023, Chris Stipdonk avait tenté sa chance aux Jeux à Wood Buffalo, en Alberta, mais il s’est écroulé après 188 pieds (un peu plus de 57 mètres). Il avait alors annoncé sa retraite, avant de revenir à la compétition.

… qu’un fils voulait aussi battre

Le fils de Rodney WorlKyle, âgé de 34 ans et représentant l’Alaska, désirait lui aussi battre le record de son père. Il a remporté l’ulu d’argent mercredi en parcourant 179 pieds et 8 pouces (un peu plus de 54 mètres).

Kyle et Rodney Worl, en 2016. (Photo d’archives : Kyle Worl)

Kyle Worl a appelé son père juste après la compétition pour lui annoncer son classement et lui dire que son record de 1988 au saut sur jointures avait été battu. « Il était heureux de l’entendre, parce que c’est ça, l’esprit de ces Jeux », a-t-il souligné.

« Je suis très fier de Chris. Nous attendions ce moment et nous savions qu’il allait arriver », a-t-il continué. « Cette année, il était au top. Sa technique était parfaite du début à la fin. Ça montre à quel point c’est un athlète incroyable et qu’il persévère année après année. »

Chris Stipdonk explique que lui et Kyle poursuivaient le record de 191 pieds (58 mètres) depuis longtemps. « C’est vraiment impressionnant qu’il ait été détenu aussi longtemps, surtout quand on pense qu’aujourd’hui, on en sait beaucoup plus sur la nutrition et l’entraînement », a affirmé le vétéran.

Chris Stipdonk a pris part à ses premiers Jeux d’hiver de l’Arctique il y a 26 ans, à Whitehorse. Avec son père, il jouait alors au soccer dans le même gymnase de la même école où il vient d’établir le record au saut sur jointures. « Je verserai sûrement quelques larmes plus tard », a-t-il ajouté, ému.

Sa mère, Deborah Stipdonk, faisait partie des spectateurs, dans une foule électrisée par la compétition.

Je sais que son père, là-haut dans le ciel, doit être très fier de lui. Moi, je suis tellement ravie!Deborah Stipdonk, mère de l'athlète Chris Stipdonk

La fille de Chris Stipdonk, Lindsey, participe aussi aux Jeux cette année. Elle a déjà remporté trois médailles en patinage de vitesse. Son père parle d’elle avec fierté et ajoute que « ça a été de très bons Jeux d’hiver de l’Arctique ».

Un article écrit par Marie-Soleil Desautels

Radio-Canada

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