Grand Nord : un test de dépistage du cancer du col de l’utérus à faire soi-même

Bonne nouvelle pour les personnes qui n’aiment pas les tests Pap : des trousses d’autodépistage du virus du papillome humain (VPH), grand responsable des cancers du col de l’utérus, seront offertes au Yukon à partir de la semaine prochaine.
Le test de Papanicolaou, aussi appelé test Pap ou cytologie cervicale, permet de détecter les cellules anormales qui pourraient évoluer vers un cancer du col de l’utérus. Il se réalise en clinique par un professionnel de la santé lors d’un examen gynécologique.
Or, le VPH est « responsable de 99 % des cancers du col de l’utérus », affirme la Dre Sarah Saunders, obstétricienne-gynécologue à Whitehorse.
Une trousse individuelle d’autoprélèvement du VPH permet ainsi de dépister le cancer du col de l’utérus. Il suffit de prélever soi-même un échantillon de sécrétions vaginales à la maison ou en clinique, puis de le retourner pour analyse.

Selon la Dre Sarah Saunders, l’autoprélèvement contribue à réduire les réticences de patientes liées à des expériences passées, comme des examens gynécologiques douloureux ou des traumatismes sexuels.
Les résultats sont généralement disponibles en six semaines. Comme certains fournisseurs de soins de santé ne font des suivis qu’en cas de résultat positif, la Dre Saunders recommande aux patientes d’indiquer si elles veulent être informées dans tous les cas.
Un dépistage plus efficace
Le VPH est l’infection transmissible sexuellement la plus courante au pays et dans le monde, selon Santé Canada. La plupart des personnes sexuellement actives y seront exposées au cours de leur vie, mais les virus disparaissent souvent d’eux-mêmes.
« Mais s’il demeure dans le col de l’utérus, il peut entraîner des cellules anormales qui peuvent évoluer vers des lésions précancéreuses ou un cancer », précise la Dre Saunders.
Elle explique que l’autoprélèvement est possible grâce à une meilleure compréhension des options de dépistage et de leur efficacité.
Au lieu de prélever un échantillon du col de l’utérus et d’en examiner les cellules, continue-t-elle, les professionnels privilégient ainsi de plus en plus la détection du virus à partir d’un simple prélèvement vaginal.

La Dre Saunders croit que ces trousses permettront d’améliorer l’accès au dépistage, notamment dans les communautés.
Elle souligne toutefois qu’une augmentation du dépistage pourrait entraîner plus de résultats positifs, ce qui pourrait causer du stress chez certaines personnes.
En Ontario et en Colombie-Britannique, des trousses d’autoprélèvement sont envoyées par la poste.
Cette option n’est pas encore offerte dans le territoire, affirme Ashley Beggs, gestionnaire du programme de dépistage du cancer du Yukon. Elle est toutefois à l’étude, ajoute-t-elle.
Comme le test VPH est plus sensible et plus exact que le test Pap pour le repérage des personnes présentant un risque de développer des lésions précancéreuses, Santé Canada suggère un intervalle de dépistage tous les cinq ans plutôt que tous les trois ans.
Les personnes sans fournisseur de soins de santé pourront obtenir une trousse à compter du 23 mars dans les cliniques sans rendez-vous de Whitehorse, les centres de santé communautaires, la clinique de santé sexuelle et la clinique de sages-femmes.
Avec les informations de Cali McTavish
