Quatre baleines grises retrouvées mortes le long des côtes de l’île de Vancouver

Les baleines grises seraient touchées par la réduction de leur principale nourriture : des amphipodes. (Photo d’archives)
Photo : iStock

Par Julien Latraverse

La découverte de quatre baleines grises mortes le long des côtes de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, inquiète des chercheurs.

Trois nécropsies ont été réalisées avec l’aide des Premières Nations Huu-ay-aht, Kyuquot/Cheklesaht et W̱SÁNEĆ, a indiqué le coordonnateur des mammifères marins à Pêches et Océans Canada (MPO), Paul Cottrell.

« Deux d’entre elles étaient très maigres. Elles étaient, en somme, des sacs d’os. C’est triste de les voir dans cet état », a-t-il ajouté, les qualifiant également de zombies.

Les baleines mortes ont été signalées au MPO durant une dizaine de jours.

Une baleine a été trouvée morte le 8 avril près de Barkley Sound, et une deuxième, le lendemain, aux alentours de Kyuquot.

Une troisième baleine morte a été aperçue en train de flotter le 10 avril, encore une fois à Barkley Sound.

La quatrième a été découverte le 17 avril près de Sidney.

« Je n’ai jamais vu des animaux aussi mal en point », a affirmé Paul Cottrell.

Cela porte le bilan à cinq baleines grises retrouvées mortes dans les eaux de la Colombie-Britannique depuis le début de l’année.

« Un signe de famine »

Andrew Trites, professeur et directeur de l’Unité de recherche des mammifères marins de l’Université de la Colombie-Britannique, a affirmé que cette situation est observée tout le long du corridor de migration des baleines grises.

« Elles commencent à mourir les unes après les autres sur le chemin », a-t-il témoigné.

Les baleines se déplacent entre le Mexique en hiver, pour se reproduire, et l’Alaska, lorsque le temps se réchauffe, pour se nourrir d’amphipodes, qui sont de petits crustacés.

Andrew Trites estime donc que ces baleines sont peut-être mortes de faim avant de se rendre dans leur aire d’alimentation.

Leur cycle biologique veut qu’elles se nourrissent pendant seulement cinq mois de l’année. Elles doivent transformer toute cette nourriture en graisse pour avoir des réserves. Quand le réservoir est vide et qu’il n’y a plus de graisse, elles brûlent leurs protéines.

Andrew Trites, Unité de recherche des mammifères marins, Université de la Colombie-Britannique

Cela expliquerait la maigreur des baleines étudiées par le MPO. « C’est pour cela qu’on voit les os des baleines, ce qui est un signe de famine. »

La diminution de cette source de nourriture serait liée, en partie, aux changements climatiques.

La fonte des glaces a un impact sur la nourriture des crustacés dont les baleines se nourrissent. S’il y a moins de glace, « il y a moins de crevettes et moins de nourriture pour les baleines », a ajouté Andrew Trites.

Une tendance qui fait craindre le pire

La population de baleines grises est estimée à un peu moins de 13 000.

« C’est moins de la moitié de ce qu’il y a 10 ans », déclare le biologiste John Calambokidis, du Cascadia Research Collective, à Olympia, dans l’État de Washington. C’est un déclin de plus de 50 % en 10 ans.

C’est alarmant.

John Calambokidis, biologiste, Cascadia Research Collective

Il pense que plus de baleines risquent d’être retrouvées mortes pendant la migration, qui se poursuit jusqu’en juin.

« Nous n’en sommes qu’à une très petite partie du chemin. »

Paul Cottrell redoute le pire pour cette année, d’autant plus que beaucoup de femelles ne semblaient pas en assez bonne forme pour avoir des baleineaux.

« C’est le taux de reproduction le plus bas enregistré récemment. Cela n’augure rien de bon. «

Onze baleines grises avaient été retrouvées mortes en 2019 en Colombie-Britannique, ce qui en faisait alors une année au taux de mortalité très élevé.

En 2025, 158 baleines grises ont été retrouvées mortes, dont 4 dans les eaux canadiennes.

Avec les informations de Benoît Ferradini et d’Alanna Kelly 

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