Un résident du Nunavut survit trois jours dans le blizzard, sans nourriture

Sans nourriture ni abri, Peter Qayutinuak Jr. a survécu en avril à trois jours dans le blizzard, à des températures atteignant les -30 degrés Celsius. Sain et sauf, et sans la moindre trace d’engelures, le résident de Taloyoak a pu participer la semaine suivante à un tournoi de volleyball.
« Ils m’ont envoyé directement au centre de soins de santé, et l’infirmière et les policiers étaient très surpris », dit-il, en parlant de son état de santé après l’incident.
M. Qayutinuak faisait partie d’un groupe de cinq motoneigistes qui entamaient, le 7 avril, les quelque 140 km séparant Toloyoak et Gjoa Haven, pour participer à un tournoi de volleyball.
Le sportif a été séparé du groupe qui tentait d’éviter un blizzard.
« Je leur ai dit de continuer et que j’allais les suivre en m’assurant que tout allait bien à l’arrière. Au moment même où ils sont partis, ma motoneige est restée coincée », raconte-t-il.
Le motoneigiste a dû se résoudre à marcher en direction de Goja Haven.
Il indique n’avoir fait que de courtes siestes, et essayé de marcher surtout la nuit pour être en mesure d’apercevoir les lumières du village au loin.
Le blizzard affectait grandement la visibilité, et la communauté a manqué d’électricité pendant plusieurs jours, mais le Nunavummiuq dit être habitué au froid.
« J’affronte intentionnellement le froid dans le village, simplement pour m’habituer à rester en mouvement et à marcher, pour me réchauffer par moi-même », explique-t-il.
J’utilisais mon dos pour me protéger du vent. Je bougeais et remuais les pieds et les deux mains pour les garder au chaud. C’est ce que ma grand-mère avait l’habitude de me répéter.
Peter Qayutinuak Jr., résident de Toloyoak, Nunavut
C’est en pensant aux siens qu’il a pu poursuivre sa route.
« Je pensais essentiellement à ma famille et à mes amis, aux gens à la maison qui m’attendaient », dit-il.
« C’était terrifiant, mais c’était aussi une expérience enrichissante que de me diriger et d’essayer de montrer l’exemple en continuant d’aller de l’avant », confie-t-il.
L’un de ses amis et coéquipiers de volleyball, Adrien Karoo, a pu aller chercher de l’aide à Gjoa Haven.
« Restez toujours en mouvement »
David Lavallée, officier de l’Aviation royale canadienne, précise qu’un avion CC-130H Hercules a été déployé à partir de Winnipeg le 9 avril à la demande de la Division de la gestion des urgences au Nunavut.
Les équipes de recherche ont utilisé le système de détecteurs de cellulaire aéroportés pour la recherche et le sauvetage (CASSAR) –, un système mobile qui utilise le signal du téléphone cellulaire d’une personne disparue comme balise.
M. Qayutinuak souligne que sa batterie était presque vide lorsque les équipes de recherches aériennes l’ont retrouvé. Ils ont laissé tomber une radio des airs pour communiquer avec lui pendant que les équipes au sol allaient le secourir.
La visibilité était toujours affectée par le blizzard.
« J’ai fait une courte sieste, et j’ai entendu la motoneige alors que mes yeux se réveillaient. Je ne savais pas de quelle direction elle venait, mais j’ai pu me fier à mes oreilles pour repérer le son », indique-t-il.
Le retour en lieu sûr a été accompagné d’un sentiment d’extase, tant pour le survivant que pour sa famille, et les communautés de Taloyoak et de Gjoa Haven.
« Ils étaient très heureux et ont fini par pleurer », dit le rescapé.
La partie de volleyball a eu lieu comme prévu, malgré le contretemps. Le dimanche, les coéquipiers de Taloyoak rapportaient l’or à la maison.
Peter Qayutinuak Jr. garde également de précieux conseils de son voyage : « Si vous êtes perdus, essayez de demeurer positifs et restez toujours en mouvement. Gardez vos mains et vos pieds en mouvement pour rester au chaud. »
Avec les informations de Samuel Wat
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