La Société d’énergie du Yukon s’attaque au bruit de ses génératrices

De nouvelles centrales électriques, de même que des atténuateurs, pourraient être les solutions pour réduire le bruit des génératrices au barrage de Whitehorse, estime la Société d’énergie du Yukon.
Récemment, une pétition a circulé dans le quartier de Riverdale demandant à l’Assemblée législative de limiter le volume et la fréquence d’utilisation des génératrices. Elle affirme que la pollution sonore entrave le « droit à la jouissance paisible » des résidents de leur domicile.
Elle atteste également que les génératrices fonctionnent en continu pendant des mois entiers.
La semaine dernière, le ministre de l’Environnement, Wade Istchenko, a répondu en affirmant que la Société avait déjà convenu de mener une étude de conception pour trouver des solutions.
De plus, le ministre a souligné qu’un plan avait été élaboré pour réduire les nuisances sonores nocturnes et que des mesures seraient prises pour instaurer un système de gestion des plaintes.
Minimiser l’utilisation
Le territoire dépend principalement des génératrices au cours des hivers rigoureux.
Un porte-parole affirme que la Société est au courant du problème de bruit, il mais conteste les affirmations selon lesquelles les génératrices seraient utilisées pendant de longues périodes.
« Cela ne correspond pas à la manière dont nous les gérons », déclare Michael Muller, vice-président de la santé, de la sécurité et de la planification.
Des ingénieurs ont également été embauchés pour déterminer la cause du bruit et développer des solutions pour le réduire, précise-t-il. Cela inclut notamment des atténuateurs conçus spécialement.
Toutefois, Michael Muller reconnaît que l’idéal serait d’avoir moins recours aux génératrices.
Il soulève alors le Projet d’infrastructures énergétiques de Whitehorse, qui verrait la construction de deux nouvelles centrales électriques alimentées au diesel, d’une nouvelle sous-station ainsi que d’autres infrastructures connexes.
Même si les sites n’ont pas encore été choisis, les nouvelles centrales au diesel seraient construites à au moins 1 km des résidences, mais elles seraient dotées de mesures d’atténuation du bruit.
Ensemble, ces centrales pourraient générer jusqu’à 150 mégawatts par an, ce qui est assez pour subvenir aux besoins énergétiques d’environ 100 000 foyers.
Si le projet se concrétise, leur durée de vie serait d’environ 40 ans.
Avec davantage de production et d’options sur le réseau, les génératrices existantes ne seraient « utilisées qu’en cas d’urgence absolue, lorsque la demande atteint son pic et qu’il faut assurer l’éclairage et le chauffage pour la population quand il fait froid et sombre en hiver », mentionne M. Muller.
D’autres préoccupations
L’emplacement de ces nouvelles centrales inquiète certains habitants.
À l’heure actuelle, la Société d’énergie du Yukon propose trois options d’emplacement : Deep Creek, la route Copper Haul et l’ancienne mine de cuivre. Elle devrait annoncer les deux sites retenus cet été.
Marc Perreault, qui réside près de la route Copper Haul, s’inquiète des répercussions des centrales sur la qualité de l’air.
« Nous sommes plus ou moins dans une vallée, donc nous pourrons certainement ressentir les émissions », affirme-t-il.
Selon Keely Bass, porte-parole de la Société d’énergie du Yukon, les nouvelles centrales seraient conformes aux normes actuelles en ce qui concerne le bruit et la qualité de l’air.
De son côté, Marc Perreault dit comprendre que le réseau électrique est sous une énorme pression et qu’il ne répond pas aux besoins du territoire. Toutefois, il reste sceptique à l’égard du projet.
Une machine industrielle de cette taille va certainement venir perturber les choses.
Marc Perreault, résident de Whitehorse
Les habitants ont jusqu’au 22 mai pour transmettre leurs opinions à l’Office d’évaluation environnementale et socioéconomique du Yukon.
Avec les informations de Dana Hatherly et de Julien Greene
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