Des chercheurs étudient les algues arctiques pour surveiller la baie de Frobisher

Une étude sur les algues de glace de mer et le phytoplancton à Iqaluit pourrait aider à mesurer les effets de l’augmentation du trafic maritime et des activités côtières autour du nouveau port en eau profonde.
À partir d’échantillons récoltés de 2018 à 2022, des chercheurs ont identifié un total de 562 types de phytoplancton et d’algues de glace de mer dans la région, selon Chris Lewis, biologiste des sciences aquatiques à Pêches et Océans Canada et auteur principal de l’étude publiée (nouvelle fenêtre) (en anglais) dans la revue Arctic Science.
On a maintenant un très bon inventaire des différentes espèces présentes près d’Iqaluit, dit-il, ajoutant que celui-ci pourra servir de point de référence à l’avenir.
Certaines des zones étudiées se trouvent près de sites de pêche à l’omble chevalier et de récolte de palourdes.
Selon Lewis, ces données pourraient donc aider à comprendre de potentiels impacts futurs sur les aliments traditionnels.
La construction du port a commencé lorsque les chercheurs commençaient à collecter leurs données.
Un point de référence pour l’avenir
Les échantillons recueillis pendant cinq ans dans la baie de Frobisher permettent donc d’établir un portrait de la situation actuelle et serviront de point de comparaison pour les recherches futures.

Le projet faisait partie du Programme sur les données environnementales côtières de référence de Pêches et Océans Canada, une initiative plus vaste visant à mieux comprendre les conditions des écosystèmes marins à mesure que les changements à long terme deviennent plus visibles.
Parmi les espèces identifiées, certaines étaient nuisibles ou produisaient des toxines.
Selon Chris Lewis, il n’y a pas de quoi s’inquiéter pour le moment, mais il faudrait les surveiller.
Il affirme également que de nombreuses espèces d’eau douce commencent à apparaître.
Il y a toutes sortes de facteurs qui influencent la colonne d’eau où se trouvent les phytoplanctons et les algues de glace, dont un apport important d’eau douce, dit-il.
Cet apport d’eau douce provient de la rivière Sylvia Grinnell qui commence à s’écouler progressivement sous la glace de mer.
Cela se produit lorsque des fissures dans la glace de mer permettent à l’eau de fonte de s’écouler le long des bords fracturés de la glace et de se déverser dans l’océan.
Des inquiétudes
Les chercheurs ont travaillé étroitement avec des membres de la communauté, des organisations locales et des opérateurs de bateau tout au long du projet.
Selon eux, les partenaires locaux ont soulevé des inquiétudes concernant des changements dans le réseau alimentaire marin et le littoral.
J’ai constaté, et des membres de la communauté me l’ont aussi également signalé, que la banquise de la baie de Frobisher est en recul entre la fin du printemps, c’est-à-dire en juin, et le début de l’été, a dit Usaaraq Jari Aariak, technicien en sciences aquatiques au sein du Programme sur les données environnementales côtières de référence.
Selon lui, ces changements peuvent nuire aux personnes qui dépendent de la glace de mer pour leurs déplacements et leurs activités de récolte.
L’étude souligne que l’allongement des périodes sans glace dans certaines régions côtières de l’Arctique coïncide avec une intensification de l’activité humaine et du trafic maritime.
Avec les informations de Tharsha Ravichakaravarthy
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