2,5 milliards $ dans un système de radar australien pour surveiller l’Arctique

La station radar du Système d'alerte du Nord à Cambridge Bay, dans l'ouest du Nunavut, le 11 septembre 2022.
La station radar du Système d’alerte du Nord à Cambridge Bay, dans l’ouest du Nunavut. (Photo : Radio-Canada/Matisse Harvey)

Le gouvernement du Canada a officialisé l’achat d’une technologie de radar transhorizon (OTHR) auprès de l’Australie et de la firme BAE Systems Australia. Cet investissement de 2,5 milliards de dollars vise à moderniser la surveillance des approches nordiques et arctiques du pays.

L’entente intergouvernementale a été signée à Canberra par le secrétaire d’État canadien à l’Approvisionnement en matière de défense, Stephen Fuhr, et par le ministre australien de la Défense, Richard Marles.

Cet accord avec l’Australie, qui s’inscrit dans l’approche de collaboration préconisée dans la Stratégie industrielle de défense du Canada, représente une étape importante pour l’Agence de l’investissement pour la défense, qui continue d’accélérer l’acquisition d’équipement pour les Forces armées canadiennes, conformément à son mandat, affirme le secrétaire d’État canadien à l’Approvisionnement en matière de défense, Stephen Fuhr.

« Il s’agit du plus important accord d’exportation dans le domaine de la défense de l’histoire de l’Australie, qui témoigne de notre amitié étroite et de longue date avec le Canada », explique pour sa part Richard Marles, vice-premier ministre et ministre de la Défense de l’Australie

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de radar transhorizon dans l’Arctique (A-OTHR).

Contrairement aux radars traditionnels, la technologie OTHR utilise la réfraction des ondes sur l’ionosphère pour s’affranchir de la courbure de la Terre, ce qui permet de détecter et de suivre des menaces maritimes et aériennes à très longue distance.

Un station de radar dans l'Arctique canadien.
Une station de la ligne de radars avancée DEW à Kugaaruk, au Nunavut. La première phase du réseau DEW est devenue opérationnelle durant la guerre froide, avant d’être remplacée par le Système d’alerte du Nord. (Photo : Radio-Canada/John Last)

Calendrier et retombées économiques

Le feu vert politique marque le passage du projet à sa phase de mise en œuvre.

Les travaux de BAE Systems Australia doivent commencer le 1er juillet 2026.

Ottawa maintient son objectif d’atteindre une capacité opérationnelle initiale d’ici décembre 2029.

Selon un communiqué de l’agence de l’investissement pour la défense, BAE Systems Australia devra collaborer avec des entreprises canadiennes pour transférer l’expertise technique et intégrer la chaîne d’approvisionnement locale.

La station de réception satellite d’Inuvik. (Alexandre Lamic/Radio-Canada)

Selon les projections gouvernementales, le projet A-OTHR devrait injecter près de 290 millions de dollars par année dans le produit intérieur brut (PIB) canadien et soutenir environ 2270 emplois annuellement entre 2026 et 2033.

Ce projet de 2,5 milliards de dollars constitue une part majeure de l’enveloppe globale de 6 milliards promise en mars 2025 par le premier ministre canadien pour le programme A-OTHR.

Une des stations radar du Système d’alerte du Nord dans l’Arctique canadien. (Raytheon Canada Limited)

L’initiative s’inscrit également dans le plan de modernisation des capacités de détection du NORAD, le commandement binational de défense aérospatiale de l’Amérique du Nord.

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