Des jeunes Inuit dévoilent leurs films à Iqaluit, fruit d’un projet pilote

Une femme travaille sur un ordinateur portable posé sur une table couverte d'appareils électroniques et d'appareils photo.
Rosemary Alivaktuk fait partie de la première cohorte du programme Tigulavut de l’Inuit Broadcasting Corporation. Son projet final est un court métrage de cinq minutes en inuktitut, inspiré de son amour pour la série « Gilmore Girls ». Photo : CBC / Travis Burke

Après neuf semaines de formation en création audiovisuelle, les jeunes Inuit de la première cohorte d’un projet pilote de l’Inuit Broadcasting Corporation dévoilent leurs courts métrages vendredi.

Apak Johnston, une étudiante du programme Tigulavut, décrit les deux derniers mois comme une expérience formidable.

J’ai rencontré des gens extraordinaires de l’industrie, je me suis fait beaucoup de nouveaux amis et j’ai appris tous les aspects du métier du cinéma, raconte-t-elle.

Le programme Tigulavut vise à donner aux jeunes Inuit les outils nécessaires pour devenir la prochaine génération de conteurs et de créateurs. Les participants ont été formés à l’écriture de scénarios, à la réalisation, aux techniques de prise de vue, au jeu d’acteur ainsi qu’au montage vidéo et à la postproduction.

Les 17 participants ont commencé leur formation à Ottawa en juin. Celle-ci culmine vendredi avec la présentation de leurs courts métrages de cinq minutes en inuktitut.

Deux femmes sont assises côte à côte et l'une d'elles parle dans un micro de CBC.
Brooke-lyn Bodnar (à gauche) et Apak Johnston (à droite) ont collaboré à la réalisation du court métrage d’horreur « My Body », dont l’action se déroule de nuit sur la route Apex, près d’Iqaluit. Brooke-lyn Bodnar a dit qu’elle s’est amusée à tourner en extérieur, malgré les insectes et la pluie. Photo : CBC / Travis Burke

Pour son film intitulé My Body, Apak Johnston a fait équipe avec Brooke-Lyn Bodnar. Ce court métrage d’horreur raconte l’histoire d’un homme qui découvre que son corps est contrôlé par une autre force.

Elle dit s’être inspirée des histoires de fantômes inuit et de sa passion pour les films d’horreur, comme le récent succès Obsession.

L’inuktitut mis en valeur

Ce dont Apak Johnston est le plus fière, cependant, ce sont les progrès qu’elle a faits en inuktitut.

J’ai doublé un personnage en inuktitut pour le film de quelqu’un d’autre et mon père m’a dit : « Tu as une très bonne prononciation. Où as-tu appris ça? » Je lui ai répondu : « Je ne sais pas. C’est comme ça, c’est tout », dit-elle en riant.

Brooke-Lyn Bodnar, originaire d’Inuvik et responsable du montage de My Body, affirme que le plus grand défi pour elle a été de travailler en inuktitut.

Je ne parle pas l’inuktitut, mais notre projet devait être en inuktitut, indique-t-elle. Heureusement, la plupart de mes camarades de classe parlent cette langue. Je pouvais donc leur demander : « Hé, est-ce que c’est une vraie discussion? Est-ce que ça a du sens? »

Une autre étudiante, Rosemary Alivaktuk, a choisi un style plus léger pour son court métrage. Son film, intitulé Us Together, est une comédie inspirée de l’une de ses séries préférées, Gilmore Girls.

J’aime l’ambiance des petites villes, et c’est ce que je voulais recréer, mais dans une communauté inuit, avec l’humour inuit, dit-elle.

Elle explique avoir essayé d’intégrer cet humour dans les dialogues en inuktitut, tout en s’inspirant de ce qu’elle observe dans les communautés.

À la recherche de financement

L’avenir du programme dépend maintenant de son financement. La directrice générale de l’Inuit Broadcasting Corporation, Karen Prentice, dit souhaiter le poursuivre, mais que la recherche de fonds pour l’an prochain s’est révélée très difficile jusqu’à présent.

Pour certains étudiants, comme Rosemary Alivaktuk, le programme Tigulavut a ouvert la voie à de nouveaux projets.

J’espère me procurer des caméras et l’équipement nécessaire pour commencer à tourner quand je rentrerai chez moi, dit-elle.

Elle se dit également très fière des films réalisés par sa cohorte et du talent manifesté.

J’espère qu’on reviendra tous ici un jour pour travailler ensemble, car j’ai vraiment apprécié de travailler avec les autres étudiants et leurs idées.

Les 14 courts métrages produits dans le cadre du programme seront diffusés en direct vendredi sur la page Facebook de l’Inuit Broadcasting Corporation (nouvelle fenêtre) et Uvagut TV ainsi qu’au cinéma Astro à Iqaluit.

Avec les informations de Bianca McKeown

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