23 grizzlys tués en un an à Inuvik

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest estime qu’il y a entre 4000 et 5000 grizzlys sur son territoire.
Photo : Gouvernement du Yukon

Par Mohamed-Amin Kehel

À Inuvik, dans le nord des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), le nombre d’ours grizzlys tués par des agents territoriaux est passé de 4 à 23 en un an, avec une saison estivale encore en cours. Cette augmentation importante fait suite à l’installation cette année d’une clôture électrique autour du dépotoir de la Ville, où les ursidés avaient l’habitude de trouver de la nourriture d’année en année.

En conséquence, les animaux se sont retrouvés à chercher davantage de la nourriture en ville, posant ainsi un risque de s’habituer aux êtres humains.

« Les ours sont abattus quand un animal pose un risque inévitable pour le public », précise par courriel le ministère de l’Environnement et du Changement climatique des T.N.-O.

L’augmentation du nombre d’ours vus et dispersés dans la région d’Inuvik était prévue, car les ours s’étaient accoutumés, mais n’ont plus accès à la décharge depuis qu’une clôture électrique a été installée au début d’avril 2026.

Ministère de l’Environnement et du Changement climatique des T.N.-O.

La Ville d’Inuvik précise pour sa part que « ce projet de clôture a été entrepris parce qu’il constituait une exigence du permis d’utilisation des eaux délivré en 2017 par l’Office des terres et des eaux gwich’in.»

En préparation, la Municipalité assure qu’elle s’est employée pendant plusieurs années à réduire les sources d’attractions pour les ours à l’intérieur des limites de la ville et à installer des bacs à ordures communautaires à l’épreuve des ours.

La collecte des ordures directement auprès des propriétés individuelles a été abandonnée pour réduire les endroits où les ours peuvent aller chercher de la nourriture.

Depuis le début du projet en 2017, la Ville a communiqué et travaillé en étroite collaboration avec divers intervenants afin de planifier le projet et d’atténuer les risques liés aux ours.

Ville d’Inuvik

L’abattage comme dernière solution

Les agents territoriaux des ressources renouvelables disposent d’une palette d’éléments pour évaluer la situation lorsqu’un ours est repéré.

Un code avec trois couleurs – vert, jaune et rouge – guide leurs décisions, et l’élimination d’un animal y est présentée « comme une solution de dernier recours. »

Le ministère de l’Environnement et du Changement climatique dit s’attendre à ce que le nombre de grizzlys diminue au cours des deux prochaines saisons « à mesure que les ours accoutumés sont éliminés », et à ce que ceux qui ne le sont pas trouvent d’autres sources de nourriture pour accompagner leur hibernation.

« Le public peut aider en s’assurant que tous les déchets ménagers ou de chasse sont entreposés d’une manière qui n’attire pas les ours dans la ville », indique le Ministère.

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