La Croix-Rouge bientôt déployée au Nunavik pour lutter contre la tuberculose

Les cas de tuberculose au Nunavik ont atteint un niveau record en 2025. (Photo d’archives : La Presse canadienne/Adrian Wyld)

La Croix-Rouge canadienne (CRC) viendra prêter main-forte aux autorités de santé publique dans la lutte contre la tuberculose au Nunavik, dans le Nord-du-Québec, alors que la maladie a atteint un niveau de transmission inégalé dans la région au cours de la dernière année.

Il ne s’agit pas ici d’un déploiement complet des services de soutien de la Croix-Rouge, assure la Régie régionale de santé et de services sociaux du Nunavik, par voie de communiqué.

La CRC souhaite toutefois soutenir les équipes de première ligne et renforcer la réponse régionale face à la tuberculose.

La Croix-Rouge canadienne ira d’abord du côté de la baie d’Hudson. (Photo d’archives : Radio-Canada/Félix Lebel)

La première phase du projet de collaboration sera par ailleurs axée sur l’observation des pratiques existantes dans les centres de santé locaux. Il sera aussi question d’une « mise à l’essai de mécaniques de collaboration avec les équipes locales », a déclaré la RRSSSN.

Les équipes de la Croix-Rouge seront d’abord déployées dans les communautés de l’ouest du Nunavik, près de la baie d’Hudson. C’est dans cette région que les cas de tuberculose sont les plus nombreux.

Après une période de dormance, la tuberculose peut s’activer et perturber les fonctions pulmonaires. Sans traitement médical, elle peut mener à la mort. (Photo d’archives : Radio-Canada/Félix Lebel)

En 2025, il y avait 117 cas de tuberculose actifs au Nunavik, un record. À la mi-février, 13 cas avaient déjà été signalés par les autorités de santé publique depuis le début de l’année.

Selon le médecin en santé publique à la RRSSSN Yassen Tcholakov, les centres de santé locaux font face à de nombreux problèmes spécifiques au Nunavik.

Il fait notamment référence à la surpopulation des logements pour les résidents ainsi qu’au manque d’espace clinique dans les 14 villages du Nunavik.

Statistique Canada soulignait en 2021 qu’environ 47 % des logements étaient surpeuplés dans la région. (Photo d’archives : Radio-Canada/Félix Lebel)

« Le soutien que nous avons pu obtenir de la part de nos partenaires provinciaux ne couvre pas toute l’étendue des besoins pour la région », se désole le Dr Tcholakov.

Des ressources limitées

Depuis novembre dernier, le Centre de santé Inuulitsivik, qui s’occupe des dispensaires de la baie d’Hudson, a multiplié les opérations de dépistage.

Selon le Dr Yassen Tcholakov, il n’a pas été possible d

Le Dr Yassen Tcholakov estime que la région manque de ressources pour faire face à la tuberculose. (Photo d’archives : Radio-Canada/Félix Lebel)

e dépister au-delà de 90 % de la population, ce qui demeure insuffisant pour contenir la transmission.

Nous avons plus ou moins la même quantité de ressources qu’il y a quatre ou cinq ans pour lutter contre les éclosions, qui sont toutefois quatre ou cinq fois plus nombreuses en taille, explique-t-il.

La Régie régionale de santé et de services sociaux dénonce par ailleurs le fait que l’organisation n’a pas été en mesure d’obtenir des ressources supplémentaires pour pleinement mettre en œuvre son plan de lutte contre la tuberculose, présenté l’été dernier.

« Malgré les efforts soutenus, le soutien nécessaire à une réponse adéquate à cette crise n’a pas encore été obtenu au niveau provincial. Face à cette réalité, la RRSSSN n’avait d’autre choix que de chercher un soutien supplémentaire auprès de partenaires externes, tel que la CRC, a déclaré la directrice générale de la RRSSSN », Jennifer Munick-Watkins.

Jennifer Munick-Watkins explique la sollicitation d’une aide extérieure par le manque de ressources offertes par le gouvernement du Québec. (Photo d’archives : Dave St-Amant/CBC)

La montée du nombre de cas avait suscité beaucoup de craintes dans la région en 2025, notamment auprès des maires du Nunavik, qui s’étaient unis pour dénoncer le manque de ressources médicales dans les communautés.

Par courriel, le cabinet de la ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, a déclaré que les autorités de santé publique continuent de suivre la situation de près, avec Santé Québec et les partenaires régionaux, « pour s’assurer d’avoir les ressources nécessaires au dépistage et aux mesures de vaccination ».

Avec la collaboration de Sam Watt

Félix Lebel, Radio-Canada

Journaliste à Sept-Îles

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

Laisser un commentaire

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette.
Nétiquette »

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *