Des chercheurs internationaux se rendent au Nunavut pour étudier les banquises arctiques

John Yackel se rend à Cambridge Bay depuis une quinzaine d’années pour étudier les banquises arctiques. (Photo : John Yackel)

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Une équipe internationale de chercheurs se rend à Cambridge Bay, au Nunavut, pour mieux comprendre l’état des banquises arctiques.

Le projet est mené en collaboration avec l’Agence spatiale canadienne, l’Agence spatiale européenne et l’Agence spatiale américaine (NASA). Il compte plus de 35 participants de 9 pays différents, dont l’Allemagne, les États-Unis, le Canada, le Danemark et l’Inde.

Une réunion de compétences d’ici et d’ailleurs

« L’objectif de cette expédition est de réunir les compétences scientifiques de différents pays qui sont spécialisés dans la compréhension de l’épaisseur de la banquise arctique », indique le professeur en géographie à l’Université de Calgary John Yackel, qui dirige le projet.

À l’aide de divers outils technologiques, dont des systèmes radars et des micro-ondes, les chercheurs mesurent l’épaisseur de la neige qui couvre la glace marine. « Si nous parvenons à mieux estimer l’épaisseur de la neige, nous pourrons alors obtenir une mesure et une estimation très précises de l’épaisseur de la banquise », explique John Yackel.

« Nous savons qu’il y aura une grande variabilité dans l’épaisseur de la banquise arctique en raison du changement climatique que connaît l’Arctique depuis quelques décennies », dit-il, précisant que l’expédition vise à mieux comprendre où se produisent ces changements.

John Yackel affirme que le froid est l’un des plus grands défis pendant ces recherches sur le terrain. (Photo : John Yackel)

Mieux comprendre les changements climatiques

John Yackel souligne l’importance de ce type de recherche en science du climat : « La banquise arctique est bénéfique pour le climat de la Terre. Sans elle, la Terre deviendra plus chaude, ce qui entraînera des phénomènes météorologiques de plus en plus catastrophiques, des sécheresses, des inondations et tous ces problèmes liés aux changements climatiques. »

Les informations recueillies sur le terrain permettent d’avoir une meilleure estimation de la marge d’erreur des images recueillies depuis l’espace. « C’est utilisé pour calibrer et valider les images et les mesures que nous obtenons par les satellites », explique John Yackel.

Bruno Tremblay, professeur au département des sciences atmosphériques et océaniques à l’Université McGill, souligne que des recherches, comme celles-ci, sont importantes, car elles permettent d’avoir une meilleure compréhension de l’état des glaces en Arctique. Elles permettent également d’estimer quand les glaces sont plus aptes à disparaître.

« Mais on sait déjà que, dans quelques années, voire [dans] deux décennies, il n’y aura plus de glace en Arctique », souligne-t-il.

Selon lui, il ne faut pas attendre des recherches supplémentaires pour agir. « On sait ce qui se passe, on sait ce qui va se passer […], on n’agit pas. Donc, on fait du climat pour le plaisir maintenant. »

On devrait agir, on en connaît 100 fois trop, puis on n’agit toujours pas.Bruno Tremblay, département des sciences atmosphériques et océaniques, Université McGill

Un impact pour les communautés locales

John Yackel souligne que les bénéfices de l’étude dépassent le domaine de la science. Les informations recueillies lors de cette expédition ont un aspect pratique, notamment pour le transport maritime dans l’Arctique ainsi que pour les communautés locales.

Le chercheur souligne que les banquises sont notamment utilisées comme base pour la chasse et servent de voie de circulation pour se déplacer d’une communauté à l’autre. « Les communautés dépendent des connaissances sur la stabilité de la glace et de son ancrage pour pouvoir s’y déplacer en toute sécurité », note-t-il.

John Yackel ajoute que l’expédition est menée en collaboration avec les communautés locales et intègre les savoirs autochtones. « Le projet est bénéfique pour la communauté sur le plan éducatif, mais aussi sur le plan financier, en contribuant à son développement économique. »

Le projet bénéficie également du soutien des membres de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (SCREA). Grâce à leurs connaissances du terrain, ils assureront la sécurité des chercheurs.

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