Sommet à Yellowknife sur l’avenir de l’éducation en français dans le Nord canadien

Une centaine d’acteurs du système d’éducation francophone des trois territoires canadiens sont rassemblés à Yellowknife les 3 et 4 juin, en personne et en virtuel.
(Radio-Canada/Thomas Ethier)

Les leaders et partenaires de l’éducation francophone des trois territoires s’unissent cette semaine à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), dans le cadre du tout premier sommet consacré à bâtir une vision commune de l’avenir de l’apprentissage en français dans l’ensemble du Nord canadien.

Les discussions sont officiellement ouvertes pour fournir des efforts concertés et faire évoluer l’offre de programmes en français au Yukon, aux T.N.-O. et au Nunavut.

Le sommet de deux jours est organisé par le Collège nordique francophone (CNF) de Yellowknife, en collaboration avec le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences, qui appelle à ce genre d’initiatives dans l’ensemble des communautés francophones canadiennes.

Plutôt que d’organiser trois sommets pour chaque territoire, les défis communs des communautés nordiques appelaient à une concertation entre les systèmes d’éducation francophones, selon Patrick Arsenault, directeur général du CNF.

« Nos bassins de population sont petits, les distances sont grandes et les défis sont élevés. Nous faisons également face aux mêmes enjeux, et voulons donc allier nos forces », explique-t-il.

« Nous avons encore beaucoup de choses à structurer dans le Nord, qu’on parle d’apprentissage formel, informel et non formel », indique Patrick Arsenault, directeur général du Collège nordique francophone, à Yellowknife.

Le sommet propose ainsi un ensemble de présentations, de panels de discussion et d’ateliers, avec pour objectif de définir les besoins et les occasions d’apprentissage propres au Nord canadien, tant sur le plan des nouveaux besoins en formation ou de la valorisation de la culture et des connaissances autochtones.

L’apprentissage au sens large

Le sommet se tient ainsi dans un esprit d’élargissement de l’apprentissage en français, pour les résidents de tous âges et de tous les niveaux, qu’il se fasse en classe, au travail, ou en collaboration avec les communautés autochtones.

Marie-France Talbot, cheffe du service Formation au Centre de formation Qaujimaniq, au Nunavut, a participé à l’organisation du sommet.

Elle souligne que les trois territoires accueillent de plus en plus de nouveaux arrivants francophones qui ont besoin de soutien, soit pour la recherche d’emploi ou pour développer des compétences.

Juste le fait de vivre dans un territoire offre un environnement complètement différent pour les gens qui arrivent, et qui ont bien des connaissances à acquérir sur le territoire, dit Marie-France Talbot, cheffe du service Formation, Centre de formation Qaujimaniq du Nunavut.

Le Nunavut n’a pour l’instant aucun programme d’enseignement postsecondaire, malgré un besoin croissant, selon Mme Talbot.

« La formation offerte ici pour les adultes, c’est de la formation non créditée », souligne-t-elle.

« On parle de formation continue ou professionnelle sur quelques jours, ou de formation linguistique ou d’ateliers communautaires. Nous aimerions aller au delà de cette offre. »

Au Yukon, l’association francophone s’allie à ses collègues des T.N.-O. pour offrir notamment des cours de français aux nouveaux arrivants.

Le territoire souhaite également offrir des programmes postsecondaires, comme le note Souâad Larfi, directrice du service Formations pour l’Association franco-yukonnaise.

« Au Yukon, on peut étudier en français de la maternelle jusqu’au secondaire. Mais, ensuite, on n’a plus ce continuum. Les étudiants sont obligés soit d’étudier en anglais, soit de quitter le territoire pour poursuivre en français », indique-t-elle.

L’enjeu, principalement au Yukon, c’est de pouvoir garder nos jeunes, qui n’ont pas forcément envie de quitter le territoire, dit Souâad Larfi, directrice du service Formations, Association franco-yukonnaise.

Aux T.N.-O., le Collège nordique a obtenu en 2024 son accréditation pour l’offre de programmes d’études postsecondaires.

Selon Patrick Arsenault, les investissements fédéraux majeurs en défense dans le Nord annoncent une augmentation de la population francophone dans la région, et de la demande pour des programmes d’éducation en français.

« Environ 25 % des nouveaux résidents militaires pourraient être francophones. On essaie de se préparer, de bâtir nos capacités et nos collaborations entre les trois territoires », dit-il.

« En alliant nos forces, on pourra aller beaucoup plus loin. »

À lire aussi :

Radio-Canada

RCI c'est le service multilingue de CBC/Radio-Canada qui permet de découvrir et surtout de comprendre et de mettre en perspective la réalité de la société canadienne, ses valeurs démocratiques et culturelles.

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

Laisser un commentaire

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette.
Nétiquette »

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *