Trois territoires, trois campus postsecondaires attendus d’ici 2028

(Radio-Canada / Thomas Ethier)
Par Thomas Ethier
Les trois organismes dédiés à l’enseignement en français dans les territoires canadiens ont annoncé jeudi la création d’une nouvelle structure postsecondaire commune qui sera appuyée d’ici 2028 par trois campus situés au Yukon, aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut.
L’Association franco-yukonnaise (AFY), le Collège nordique francophone (CNF) des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et l’Association des francophones du Nunavut (AFN) ont ainsi finalisé en mai un modèle de gouvernance pour la future structure panterritoriale.
Les trois campus seront rattachés au Collège nordique francophone, qui est devenu en 2024 le premier établissement d’enseignement postsecondaire accrédité dans le Nord canadien.
« Bien que les trois organisations possèdent une expertise reconnue en formation et en développement communautaire, aucune ne dispose à elle seule des ressources nécessaires pour répondre à l’ensemble des besoins actuels et futurs des trois territoires », lit-on dans le communiqué dévoilé jeudi.
Élargir les cohortes
Les trois territoires travaillent ensemble depuis 2023 pour développer un modèle de gouvernance, selon Patrick Arsenault, directeur général du CNF.
Bien que plusieurs étapes restent à franchir avant la mise sur pied des nouveaux campus, les partenaires disent s’attendre à pouvoir respecter leur échéancier.
« Il faut parler avec nos gouvernements respectifs, il faut parler avec des fiscalistes, des comptables pour tester un peu le modèle, mais on a toutes les raisons de croire qu’on pourrait avoir trois campus en 2028 dans chaque capitale des territoires », dit M. Arsenault.
Le modèle de collaboration devra permettre de rassembler les ressources, l’expertise et les capacités organisationnelles des trois organismes.
Le bassin limité d’étudiants francophones respectifs aux trois territoires expliquerait en grande partie la difficulté d’y offrir des programmes postsecondaires francophones.
« Nous avons l’objectif de développer notre offre et d’avoir des cohortes d’étudiants assez grandes pour pouvoir pérenniser les programmes et s’assurer que ce soit viable », explique Marie-France Talbot, cheffe du service Formation pour l’AFN.
D’ici l’implantation des nouveaux campus, le modèle prévoit notamment d’accroître les collaborations avec des organisations d’enseignement à travers le pays.
« On le fait déjà là avec des projets ponctuels, mais de plus en plus on va réfléchir de manière panterritoriale et il y a des choses qu’on peut déjà mettre en place et on a déjà des choses en tête. Donc ça va se faire progressivement », explique Souâad Larfi, directrice du service Formations pour l’AFY.
Les trois responsables décrivent un besoin croissant pour des programmes d’étude postsecondaire en français dans le Nord.
Selon Mme Larfi, de plus en plus de résidents franco-yukonnais doivent quitter le territoire pour poursuivre leurs études en français, faute de programmes d’études au-delà du secondaire.
Le Nunavut ferait face au même défi. « Notre situation ressemble à celle du Yukon. Nous n’avons pas de programmes postsecondaires, et ce sont les organisations communautaires qui portent la formation non créditant, donc les formations continuent, les formations professionnelles, les formations linguistiques », indique-t-elle.
L’annonce s’est faite en clôture du Sommet panterritorial sur l’apprentissage qui s’est déroulé les 3 et 4 juin à Yellowknife.
Le directeur général du Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), Denis Desgagné, était présent à l’événement.
L’organisme travaillerait notamment à appuyer les organismes francophones du Nord pour qu’ils obtiennent leur juste part des budgets fédéraux voués au développement des compétences en français.
« On fait notre travail à Ottawa pour que ces gens, qui sont surchargés, puissent avoir les ressources pour transformer les territoires, pour s’assurer que les francophones des territoires aient les mêmes services que la majorité », indique M. Desgagné.
