Aux T.N.-O., la mine Ekati est mise sous séquestre

La mine de diamants Ekati, dans les Territoires du Nord-Ouest, a été mise sous séquestre à la suite d’une décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique.
En mai, l’Arctic Canadian Diamond Company, qui possède la mine, a demandé une protection contre ses créanciers.
Ce processus ouvrait ainsi la porte pour qu’un acheteur puisse obtenir la mine.
« Le processus de vente n’a pas permis de trouver une solution viable pour maintenir l’exploitation de la mine Ekati, » dit un communiqué de presse du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO).
Le GTNO a alors demandé à la cour d’approuver la nomination de la firme PricewaterhouseCoopers en tant que séquestre. Elle est maintenant responsable de la gestion de la mine, de la supervision des activités de fermeture et de la restauration du site, sous la surveillance de la cour.
Les coûts de fermeture
Le gouvernement détient environ 327 millions de dollars de garantie pour la remise en état de la mine.
Lors d’une séance d’information tenue mercredi, Robert Jenkins, sous-ministre du ministère de l’Environnement et du Changement climatique, a indiqué que le séquestre se trouvait sur place pour réévaluer les coûts liés à la fermeture. Cependant, le GTNO s’efforcera de respecter la limite de 327 millions.
« Nous sommes assez sûrs que ce montant suffit, » a-t-il affirmé.
Cependant, la mine n’a jamais établi de plan définitif de fermeture. Par conséquent, le séquestre s’appuiera sur un plan provisoire prévoyant une cessation d’activité en 2029.
« La mine ferme de façon prématurée, » a avoué le sous-ministre. « Le plan provisoire a tout de même permis de réaliser un bon travail sur lequel nous pouvons nous appuyer pour aller de l’avant. Il est toutefois regrettable que nous n’ayons pas de plan définitif. »
Le plan provisoire souligne l’importance de s’assurer que les sols contaminés ne présentent aucun risque pour la santé humaine ou animale et que l’on tient compte du savoir traditionnel au moment de la fermeture.
Une main-d’œuvre dans l’incertitude
Selon le gouvernement, la mine, située à environ 300 kilomètres au nord-est de Yellowknife, emploie environ 360 personnes.
D’après Robert Jenkins, un effectif « d’une taille appropriée » restera sur place pour assurer l’entretien du site jusqu’à sa fermeture. Le GTNO anticipe une période de transition de cinq semaines avant d’entreprendre la fermeture.
De son côté, Nicole Beauchamp, sous-ministre adjointe au ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi, a affirmé que le territoire pouvait aider les travailleurs touchés en leur offrant des programmes de perfectionnement professionnel, une aide à la recherche d’emploi ou un soutien au revenu.
Des conséquences économiques
Fondée en 1998, la mine de diamants Ekati est la plus ancienne des Territoires du Nord-Ouest. Sa fermeture prématurée est due à la baisse des prix du diamant.
Dans sa demande initiale, la compagnie minière affirmait ne pas pouvoir payer ses factures, même après avoir reçu des prêts totalisant 175 millions de dollars du gouvernement fédéral pour maintenir ses activités et protéger les emplois.
Cette affaire enfonce un nouveau clou dans le cercueil de l’industrie minière ténoise.
La mine Diavik a définitivement cessé ses activités cette année, tandis que la mine Gahcho Kué a annoncé non seulement l’annulation d’un agrandissement prévu, mais aussi un plan de réduction de sa main-d’œuvre.
« Cela nous préoccupe beaucoup, » confirme John MacDonald, secrétaire du conseil exécutif.
Il met toutefois en évidence les perspectives économiques prometteuses associées aux investissements en matière de défense, ainsi que les grands projets d’infrastructure.
« Nous souhaitons changer de cap et faire en sorte qu’une aussi grande part que possible de ces investissements reste dans le Nord. »
Avec les informations de Yumna Iftikhar
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