À Fort Simpson, T.N.-O., les évacués reviennent avec gratitude

Le premier vol transportant des personnes évacuées de retour s’est posé samedi à Fort Simpson. (Fournie par Les Wright)

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C’est avec une immense gratitude que les premiers évacués de Fort Simpson, aux Territoires du Nord-Ouest, sont descendus de l’avion, samedi, pour retrouver leur communauté, raconte Herb Norwegian, grand chef des Premières Nations Dehcho, qui vit lui-même dans le village.

« Ils faisaient presque comme le pape et voulaient embrasser le sol. Ils étaient tellement heureux de poser les pieds sur le tarmac, tout le monde s’enlaçait », a relaté lundi celui qui est allé à leur rencontre en fin de semaine.

Le trajet d’une quinzaine de kilomètres entre l’aéroport et la communauté a renforcé ce sentiment, poursuit-il. Le brasier a brûlé les arbres des deux côtés de toute la route, laissant voir l’ampleur des dégâts qui s’étendent sur plus de 550 kilomètres carrés.

« Les gens n’arrivent pas à croire que la communauté ait survécu à ça », affirme-t-il.

L’incendie a détruit une seule maison.

Les quelque 1300 habitants de Fort Simpson ont reçu l’ordre d’évacuer le 28 juin. Ils n’ont été autorisés qu’à rentrer samedi, près de trois semaines plus tard, bien que l’incendie ne soit toujours pas maîtrisé. Herb Norwegian est resté derrière avec des travailleurs essentiels et les équipes de lutte contre les incendies.

Gilbert Cazon est lui aussi resté sur place. Ce vétéran dans la lutte contre les feux de forêt travaille pour Nogha Enterprises, une entreprise appartenant à la Première Nation Łı́ı́dlı̨ı̨ Kų́ę́, et il s’est occupé d’une équipe contractuelle pendant les opérations.

« Ça fait vraiment du bien de revoir les résidents, de les voir de retour chez eux et heureux », dit-il.

« Tous doivent cependant composer avec la fumée et un air de mauvaise qualité », enchaîne-t-il.

Un travail acharné et un deuil à vivre

Herb Norwegian salue le sale boulot des pompiers forestiers, dont plusieurs sont d’Alberta, de Colombie-Britannique ou du Yukon.

« À la fin de la journée, le jaune de leurs vestes avait disparu sous le noir de la suie », décrit-il.

Elle recouvrait aussi leurs visages jusqu’à les rendre méconnaissables.

« J’ai énormément d’admiration pour ces gens et je leur suis réellement reconnaissant d’être venus ici pour aider. »Herb Norwegian, grand chef des Premières Nations Dehcho et résident de Fort Simpson

Gilbert Cazon a rappelé que l’intervention a coûté la vie à trois personnes dans l’écrasement d’un avion. Selon lui, l’ampleur des opérations de lutte contre l’incendie n’a pas laissé de temps aux équipes d’absorber le choc.

« J’espère qu’ils auront bientôt l’occasion de réunir toutes les équipes et de parler de l’incident », dit-il.

Pour remercier les pompiers venus de l’extérieur prêter main-forte à Fort Simpson, Gilbert Cazon a conçu 200 chandails rouges. La couleur, indique-t-il, symbolise l’intensité extrême de l’incendie.

« Ce n’est pas un gros geste, mais c’est quelque chose dont on se souviendra toujours », lance-t-il.

Le vétéran ajoute qu’il n’aurait jamais imaginé voir un feu d’une telle intensité il y a quelques décennies. Les changements climatiques contribuent, selon lui, à assécher le territoire comme jamais auparavant.

Des pompiers forestiers, dont certains sont venus d’ailleurs au Canada, s’affairent à protéger Fort Simpson. (Photo : Feux TNO)

Il croit aussi que cette évacuation servira de leçon aux résidents, qui auront compris qu’une intervention peut s’étirer sur plusieurs semaines et qu’il faut être mieux préparés.

Pour l’instant, les habitants sont plongés dans le quotidien du retour, affairés à évaluer les dégâts, nettoyer leurs maisons, s’occuper de leurs animaux et vérifier que tout est intact.

Sécuriser les lieux

Les équipes sur le terrain poursuivaient lundi les opérations de nettoyage et d’extinction de points chauds. Elles patrouillaient dans les secteurs à risque et continuaient à sécuriser les quartiers résidentiels.

L’intervention mobilise encore près de 140 personnes au sol, dont une équipe de gestion d’incident, des pompiers forestiers et des spécialistes en protection des structures, en plus de trois hélicoptères, d’avions-citernes, de véhicules spécialisés et de machinerie lourde.

Avec des informations de Wanda McLeod et de Lawrence Nayally

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