L’Asie est mieux préparée pour le changement climatique polaire selon le représentant des États-Unis pour l’Arctique

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Des cargos entrant à Singapour en 2014. Que peuvent apprendre les pays occidentaux de l’engagement de Singapour dans l’Arctique? (iStock)
L’Asie a des leçons à donner en ce qui a trait à la préparation au changement climatique polaire, selon le représentant spécial des États-Unis dans l’Arctique.

Les pays occidentaux n’hésitent pas à aborder les questions les plus litigieuses telles que la guerre en Afghanistan, le terrorisme et la prolifération nucléaire, mais ils ont manifesté peu d’intérêt pour la dynamique globale de l’évolution du changement climatique contrairement à des pays comme la Chine et Singapour, a déclaré l’Admiral Robert Papp, commandant de la Garde côtière à la retraite. Il est le représentant spécial du Département d’État des États-Unis pour l’Arctique depuis 2014.

« Il est très difficile, dans nos pays occidentaux, de voir au-delà de la situation actuelle ou de nos cycles budgétaires de 12 mois ou des problèmes actuels auxquels nous sommes confrontés » a dit Papp lors d’une conférence au Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Canada et du Québec à l’École nationale d’administration publique à Montréal, vendredi dernier.

« Les Asiatiques quant à eux ont un plan qui s’étale sur 100 ans. Ils se demandent ce qu’ils doivent faire maintenant afin d’assurer leur succès dans 100 ans. Ce que je suggère est que les pays occidentaux qui font partie du Conseil de l’Arctique adoptent également ce mode de pensée. »

Les ports de l’avenir

Shanghai, Singapour, Shenzhen et Hong Kong sont parmi les ports à conteneurs les plus achalandés au monde.

Robert Papp, le Représentant spécial américain pour l'Arctique, lors d’une conférence à l'École Nationale d'Administration publique à Montréal, Canada, le 12 juin, 2015. (Eilís Quinn / Regard sur l'Arctique)
Robert Papp, le Représentant spécial américain pour l’Arctique, lors d’une conférence à l’École Nationale d’Administration publique à Montréal, Canada, le 12 juin, 2015. (Eilís Quinn / Regard sur l’Arctique)

Mais avec la diminution de la surface de glace de mer dans l’Arctique, la possibilité d’une route maritime transpolaire se déroulant de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en passant par les eaux internationales de l’Arctique pourrait être une réalité dès 2030-2050, selon certains experts.

Ce nouveau tracé permettrait de contourner les principaux ports asiatiques actuels, mais pourrait faire d’un port du Nord, comme Reykjavík en Islande un « nouveau Singapour », selon Papp.

Des pays tels que Singapour et la Chine se préparent déjà à cette évolution : ils tentent d’établir une présence dans des endroits comme l’Islande et sont à la recherche de façons de commercialiser leur expertise et expérience dans le commerce et le transport maritime par conteneurs aux nations polaires sur le long terme.

Alors que le Conseil de l’Arctique porte souvent son attention sur ce qui est accompli au cours des deux années de présidence tournante entre les nations polaires, Papp a déclaré qu’une approche et une planification sur le long terme devraient également être intégrées.

« En fin de compte, nous devrions faire davantage comme Singapour et la Chine, nous préparer des décennies à l’avance, » dit-il. « Une de ces choses que le Conseil de l’Arctique devrait faire dès maintenant, c’est de nous préparer, et préparer l’Arctique, à ce qui va se produire. »

Présidence du Conseil de l’Arctique

Les États-Unis ont pris la tête du Conseil de l’Arctique cette année à la suite de Canada dont la présidence a pris fin en avril dernier.

Le programme américain est intitulé One Arctique : opportunités, les défis et responsabilités partagés, avec un accent mis sur le changement climatique, la sécurité maritime, et l’amélioration des conditions de vie des personnes dans les communautés de l’Arctique.

C’est la deuxième fois que les États-Unis dirigent ce forum international après avoir présidé le Conseil pour la première fois de 1998 à 2000.

QUELQUES FAITS EN BREF

Membres du Conseil de l’Arctique
Canada, Danemark (Groenland), Finlande,  Islande, Norvège, Suède, Russie, États-Unis

Date de création
1996

Participants permanents du Conseil de l’Arctique
L’Association aléoute internationale, le Conseil arctique de l’Athabaska, le Conseil international des Gwich’in, le Conseil circumpolaire inuit, l’Association des peuples autochtones du Nord, de la Sibérie et de l’Extrême-Orient de la Fédération de Russie, le Conseil saami.

Pays observateurs du Conseil de l’Arctique
France, Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Royaume-Uni, Chine, Italie, Japon, Corée, Singapour, ‘Inde

Correction: Ce texte de reportage a été attribué à son auteur original qui est Eilís Quinn et non à Khady Beye comme indiqué précédemment.

Traduit par Khady Beye, Radio Canada International . Voir l’original en anglais ici

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Eilís Quinn, Eye on the Arctic

Eilís Quinn is a journalist and manages Radio Canada International’s Eye on the Arctic news cooperation project.

Eilís has reported from the Arctic regions of all eight circumpolar countries and has produced numerous documentary and multimedia series about climate change and the issues facing Indigenous peoples in the North.

Her investigative report "Death in the Arctic: A community grieves, a father fights for change," about the violent death of Robert Adams, a 19-year-old Inuk man from Arctic Quebec, received an honourable mention for excellence in reporting on violence and trauma at the 2019 Dart Awards in New York City.

Her multimedia project on the health challenges in the Canadian Arctic, "Bridging the Divide," was a finalist at the 2012 Webby Awards.

Eilís has worked for media organizations in Canada and the United States and as a TV host for the Discovery/BBC Worldwide series "Best in China."

Twitter: @Arctic_EQ

Email: eilis.quinn(at)cbc.ca

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