Le Canada n’est pas préparé adéquatement aux déversements dans l’Arctique

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La plateforme de forage Polar Pionneer a quitté le port de Seattle le 15 juin 2015 en route pour l'océan Arctique.  (PC/Sy Bean/The Seattle Times)
La plateforme de forage Polar Pionneer a quitté le port de Seattle le 15 juin 2015 en route pour l’océan Arctique. (PC/Sy Bean/The Seattle Times)

 

Un rapport interne du gouvernement fédéral du Canada l’averti qu’il n’est pas préparé adéquatement à faire face à un déversement accidentel de pétrole dans l’Arctique ou provenant des gisements en eaux profondes.

Le document, daté du 23 mai 2014, a été préparé pour Pêches et Océans Canada par la firme SL Ross Environmental Research Ltd., établie à Ottawa. La Presse Canadienne l’a obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Le rapport mentionne qu’il n’y a eu « aucun déversement majeur » de pétrole lié à l’exploration en eaux profondes dans l’Arctique canadien, mais que si une telle catastrophe se produisait, elle poserait « certains défis en matière de suivi ». En outre, la connaissance des espèces marines clés qui peuplent cette région unique, telle la morue de l’Arctique, est limitée.

Le document recommande d’ailleurs que les résultats des recherches marines qui se déroulent dans la région soient mis en commun et évalués régulièrement, de manière à établir des indicateurs de référence qui permettraient de mesurer les potentielles expositions au pétrole.

Les chercheurs soulèvent également des inquiétudes concernant la propension croissante de l’industrie pétrolière de forer à 1000 mètres et plus. À de telles profondeurs, les déversements majeurs créent des panaches de pétrole imprévisibles qui peuvent n’apparaître à la surface que plusieurs jours plus tard.

La plateforme Deepwater Horizon avant qu'elle ne sombre dans le golfe du Mexique, en avril 2010. (Getty)
La plateforme Deepwater Horizon avant qu’elle ne sombre dans le golfe du Mexique, en avril 2010. (Getty)

De tels panaches sous-marins posent de grands défis en matière de surveillance et de contrôle, comme l’a montré la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en avril 2010, rappelle le rapport indépendant. À cette occasion, l’équivalent d’environ 3,19 millions de barils de pétrole se sont déversés dans l’eau sur une période de 87 jours.

« Le comportement de ces panaches sous-marins est encore mal compris et exigera une surveillance étroite », souligne le document de mai 2014.

Une porte-parole de Pêches et Océans Canada, Carole Saindon, a déclaré que le gouvernement travaillait à corriger certaines des lacunes identifiées dans le rapport.

Mme Saindon a souligné qu’une subvention est accordée à l’Université du Québec en vue d’appuyer les chercheurs qui étudient les effets du pétrole brut sur les moules bleues sous la glace. Des scientifiques fédéraux identifient également les zones biologiquement et écologiquement significatives de l’Arctique, « une étape importante dans l’évaluation de l’état des écosystèmes marins arctiques », a-t-elle fait valoir par courriel.

Près du tiers des revenus gouvernementaux de Terre-Neuve-et-Labrador provient de gisements en eaux profondes. La prospection réalisée à plus de 1200 mètres de profondeur dans le bassin du Flemish Pass, à 500 km au nord-est de Saint-Jean, est actuellement présentée comme l’avenir de l’exploration provinciale.

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