Une forêt tempérée garnissait l’Arctique canadien il y a environ 56 millions d’années

Des îles de l’Extrême-Arctique canadien avaient un tout autre visage il y a quelque 56 millions d’années. Selon une récente étude canadienne, la région était recouverte d’une forêt tempérée riche en végétaux. Sur cette image, le chercheur à l’Université de la Saskatchewan Christopher K. West cherche des végétaux fossilisés sur l’île d’Ellesmere, au Nunavut, dans le Nord canadien. (Markus Sudermann/Université de la Saskatchewan)
Une partie de l’Extrême-Arctique canadien abritait autrefois une forêt tempérée garnie en végétaux, révèle une récente étude de l’Université de la Saskatchewan et de l’Université de Brandon, dans le sud du pays.

« La présence de ces écosystèmes à ces latitudes s’explique probablement par des températures planétaires plus élevées », indique le géologue à l’Université de la Saskatchewan et premier auteur de l’étude, Christopher K. West, dans un communiqué.

Le chercheur se spécialise dans l’analyse de végétaux fossilisés pour reconstituer d’anciens écosystèmes du nord et de l’ouest du Canada.

L’étude, parue le 12 décembre dans la revue de paléobotanique Palaeontographica B, conclut que différents types de plantes et d’arbres ont pu se développer dans la région la plus septentrionale du Canada il y a environ 56 millions d’années.

Pour parvenir à cette conclusion, les trois experts et coauteurs de l’étude ont analysé plus de 5000 échantillons de fossiles provenant de 83 espèces différentes de plantes sur les îles d’Ellesmere et Axel Heiberg, dans le nord du Nunavut.

Leur étude visait notamment à déterminer quelles plantes étaient présentes dans la région durant l’Éocène, une période datant d’environ 56 à 34 millions d’années.

« Nous avons été surpris de constater que ces anciennes forêts boréales présentaient plusieurs similarités avec nos forêts actuelles. »

Christopher K. West, géologue à l’Université de la Saskatchewan et premier auteur de l’étude
Christopher K. West est paléobotaniste et chercheur à l’Université de la Saskatchewan. (Daniel Hallen/Université de la Saskatchewan)
L’impact du réchauffement climatique

Selon lui, l’étude pourrait servir à mieux comprendre les conséquences sur les écosystèmes des changements climatiques actuels et à venir. « Cette recherche va aussi aider les experts en modélisation climatique, puisqu’ils se servent de données du passé pour mieux comprendre notre propre climat », croit-il.

Parmi les échantillons prélevés, le scientifique indique avoir recueilli des fossiles de plantes qui présentent des similarités avec certains types d’arbres actuels, comme les bouleaux, les ormes et les aulnes. Les chercheurs affirment même avoir trouvé des fossiles d’arbres qui s’apparentent à des espèces uniquement présentes dans l’est de l’Asie aujourd’hui.

Plusieurs paléontologues se sont intéressés aux fossiles de mammifères trouvés dans le nord du pays, mais Christopher K. West et ses collègues affirment que leur étude est la première à s’être concentrée spécifiquement sur l’analyse de plantes fossilisées de cette région de l’Arctique.

« Cette recherche est le fruit de près de 40 ans de travail que mes élèves et moi avons mené sur les plantes fossilisées du Nord canadien, dont 20 saisons de travail sur le terrain, sur les îles d’Ellesmere et Axel Heiberg », affirme l’auteur principal.

Dans un deuxième temps, l’équipe de scientifiques prévoit se rendre à nouveau sur l’île Axel Heiberg, mais cette fois pour analyser des fossiles de végétaux datant d’environ 45 millions d’années.

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