Selon un candidat conservateur « le Nunavut n’est pas une expérience si extraordinaire »

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Au Nunavut, le taux de crimes rapportés était de 39 229 pour 100 000 habitants.était de 39 229 pour 100 000 habitants.
Au Nunavut, le taux de crimes rapportés était de 39 229 pour 100 000 habitants.était de 39 229 pour 100 000 habitants.
Un autre candidat aux élections canadiennes du 19 octobre se retrouve dans l’embarras après ses déclarations jugées insultantes pour les Premières Nations du Canada.

Il a affirmé que la création de la région administrative autonome et autochtone du Nunavut dans le Grand Nord du pays ne s’est pas avérée une expérience satisfaisante à en juger par son haut taux de criminalité.

Le candidat du Parti conservateur dans Notre-Dame-de-Grâce-Westmount, Richard Sagala, a fait ces déclarations lors d’un débat public, le 1er octobre.

Un électeur lui avait alors demandé ce qu’il pensait du scénario de la tenue d’une enquête un jour sur les 1200 femmes autochtones assassinées ou disparues au pays depuis 1980.

Aide-mémoire…
Le Nunavut est le plus oriental des trois territoires du Grand Nord au Canada.
Il couvre au total 2 093 190 km2, dont 1 932 255 km2 de terres et 160 935 km2 d’eaux, ce qui en fait la 5e plus grande entité subnationale du monde (après la République de Sakha, l’Australie-Occidentale, le krai de Krasnoïarsk et le Groenland), plus grande que le Mexique.
La densité de population du Nunavut n’atteint que 0,015 habitant au km2 soit une densité (théorique bien entendu) d’un habitant pour près de 70 km2. Il s’agit de l’une des plus faibles au monde. En comparaison, le Groenland à l’est fait à peu près la même superficie, mais abrite deux fois plus d’habitants.

Au Canada depuis 30 ans, 1200 femmes autochtones sont disparues ou ont été tuées et de nombreuses voix réclament une commission d’enquête nationale, mais le gouvernement fédéral conservateur affirme qu’une enquête publique n’est pas nécessaire.

« Il y a 25 ans, j’ai lu quelques livres sur les Métis et les Autochtones », a commencé par dire M. Sagala.

« Je me suis rendu compte que c’est un problème qui semble hanter tous les gouvernements, quels qu’ils soient. […] Et la façon habituelle, c’est de le régler à grands coups d’argent, en envoyant des gens pour leur parler. Nous avons même créé le Nunavut (en 1997) et le résultat est loin d’être satisfaisant », a ajouté le candidat.

Selon M. Sagala, « le Nunavut n’est pas une expérience si extraordinaire », la violence y serait 1000 fois plus présente que dans le reste du pays, un taux de criminalité qui d’après lui rivalise avec le taux record de l’Afrique du Sud. « Nous avons essayé de leur déléguer quelques pouvoirs et voilà ce qui arrive », a-t-il ajouté.

Marche arrière du candidat conservateur

Une fois que l’enregistrement de ces propos a été distribué par ses adversaires du Parti libéral, M. Sagala a publié une clarification sur sa page Facebook.

« Je voudrais clarifier mes propos de jeudi dernier. Je soutiens pleinement la délégation des pouvoirs au Nunavut annoncée par le gouvernement conservateur », peut-on y lire.

Il a refusé toute demande d’entrevue.

Le saviez-vous?

En 2012, le taux de criminalité au Canada était en moyenne de 5588 pour 100 000 habitants

  • Dans les Territoires-du-Nord-Ouest, le taux de crimes rapportés était de 48 052 pour 100 000 habitants en 2012.
  • Au Nunavut, le taux était de 39 229 pour 100 000 habitants.
  • Parmi les provinces, c’est en Saskatchewan que le taux de criminalité était le plus élevé en 2012 avec un taux de criminalité de 11 513 crimes pour 100 000 habitants.
  • C’est par ailleurs l’Ontario qui récolte le taux de criminalité le moins élevé au pays en 2012 avec un taux de 4016 crimes pour 100 000 habitants.
  • Le Québec arrive deuxième avec 4316 crimes déclarés pour 100 000 habitants.

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Stéphane Parent, Radio Canada International

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