Une maladie parasitaire « tropicale » identifiée dans le Grand Nord du Québec

Quaqtaq au Nunavik. Crédit photo : Beatrice Deer
Quaqtaq au Nunavik.
Crédit photo : Beatrice Deer

Quand l’Arctique et les tropiques se rencontrent, cela peut créer une éclosion d’infections à Cryptosporidium, comme l’ont découvert des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill à Montréal (CUSM).

Transmis par voie fécale-orale au contact d’une personne ou d’un animal infecté, ou par ingestion de nourriture ou d’eau contaminée, le Cryptosporidium est un parasite microscopique qui peut vivre dans l’intestin des mammifères, dont celui de l’humain, un parasite commun dans les zones tropicales.

Mais pour la première fois, il a été identifié au Nunavik, dans le Grand Nord québécois.

En rouge, le Cryptosporidium, un parasite intestinal microscopique © Dr. Katherine Thivierge (Laboratoire de santé publique du Québec, Institut national de santé publique
En rouge, le Cryptosporidium, un parasite intestinal microscopique © Dr. Katherine Thivierge (Laboratoire de santé publique du Québec, Institut national de santé publique

 « Nous avons été très surpris de découvrir cette souche de Cryptosporidium dans l’Arctique, car on la retrouve habituellement dans des pays en développement plutôt qu’en Amérique du Nord. » Dr Cédric Yansouni, auteur principal de l’étude, directeur adjoint du Centre des maladies tropicales J.D. MacLean au CUSM

La souche Cryptosporidium hominis, qui se transmet d’homme à homme, a été identifiée chez les villageois d’une dizaine de communautés du Nunavik entre avril 2013 et avril 2014.

Cette découverte inquiète, car elle pourrait avoir des implications à plus long terme sur la santé des enfants au sein des communautés du Nunavik et du Nunavut.

En effet, la maladie causée par ce parasite, la cryptosporidiose, provoque des diarrhées, des crampes, et vomissements qui peuvent durer plusieurs semaines et s’avérer fatals pour les enfants en bas âge et les personnes avec un système immunitaire faible.

S’il existe un traitement de la cryptosporidiose aux États-Unis et dans d’autres pays où la maladie sévit, aucun traitement n’est disponible au Canada sauf dans des cas exceptionnels via un programme d’accès spécial.

RCI avec La Presse Canadienne

Cryptosporidium hominis Is a Newly Recognized Pathogen in the Arctic Region of Nunavik, Canada: Molecular Characterization of an Outbreak

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Anne-Marie Yvon

Née en France, j'arrive au Canada à 12 ans avec mes parents et mes six frères et sœurs … sur une ferme. Ferme d’où je garde la ferme conviction de vouloir voir le monde, ce que j'ai fait. À Radio-Canada depuis 31 ans, je touche à tout : télévision, radio et Web. En 1999, alors à RCI, j'ai reçu un prix international, décerné par l’URTI, l’Union Radiophonique et Télévisuelle Internationale pour un documentaire radio sur les métiers en voie d’extinction. Passionnée de l’autre, j'adore qu’on me raconte des histoires de vies. C’est pourquoi je m’intéresse tellement à la vôtre.

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