Les Premières Nations ont interpellé le duc et la duchesse sur plusieurs enjeux

Le duc et la duchesse de Cambridge dans l'archipel de Haida Gwaii en Colombie-Britannique le 30 septembre 2016. (Darryl Dyck/La Presse Canadienne)
Le duc et la duchesse de Cambridge dans l’archipel de Haida Gwaii en Colombie-Britannique le 30 septembre 2016. (Darryl Dyck/La Presse Canadienne)
En parcourant la Colombie-Britannique et le Yukon au cours de la dernière semaine, le duc et la duchesse de Cambridge ont entendu des discours empreints d’émotion sur la réconciliation et ont vu des slogans contre le pétrole et le gaz naturel liquéfié inscrits sur des chandails de militants.

De tels enjeux liés aux Premières Nations étaient déjà au coeur de l’itinéraire du prince William et de sa femme, Kate Middleton, avec des arrêts à Bella Bella, lieu de la forêt pluviale du Grand Ours, en Colombie-Britannique, et dans l’archipel Haida Gwaii.

Certains leaders autochtones en ont profité pour critiquer les gouvernements fédéral et provincial devant le duc et la duchesse. Mais cela fait partie d’une longue tradition des peuples autochtones interpellant directement la famille royale, ont souligné des experts.

Les Premières Nations se sont tournées à certains moments vers la famille royale comme représentant en quelque sorte un tribunal d’appel, a affirmé Charles Menzies, professeur d’anthropologie à l’Université de la Colombie-Britannique. La relation primaire des Premières Nations a toujours été avec la Couronne d’Angleterre plutôt qu’avec les gouvernements élus, a-t-il souligné. La Proclamation royale de 1763 requérait que la Couronne amorce des négociations pour conclure des traités, explique M. Menzies. À ce jour, bon nombre de groupes autochtones jugent pertinent de faire valoir leurs droits auprès de la famille royale, a-t-il mentionné.

Le grand chef Stewart Phillip, de l’association des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, a brillé par son absence lors d’une cérémonie de réconciliation, faisant valoir des échecs répétés du gouvernement fédéral. D’autres, comme le grand chef Ed John du Sommet des Premières Nations, ont profité de l’événement pour appeler le couple princier à mettre de la pression sur les gouvernements dans les dossiers autochtones.

M. Menzies souligne que la plupart des Premières Nations en Colombie-Britannique n’ont pas signé de traités.

Plus de 200 ans après que les Européens eurent fait leurs premiers pas sur ces côtes, [les gouvernements] n’ont pas vraiment réglé ces questions [de traités].

Charles Menzies, professeur d’anthropologie, Univ. de la C.-B.

« La famille royale, d’une certaine façon, le leadership officiel du Canada, détient une responsabilité importante de dire à ses sujets au gouvernement d’agir pour affronter la situation », soutient M. Menzies.

Le grand chef Phillip a dit croire que sa « décision hautement respectueuse de décliner poliment » l’invitation à la cérémonie de réconciliation avait suscité une discussion très animée en Colombie-Britannique et ailleurs au Canada sur la grande pauvreté qui touche les communautés autochtones.

 

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