Canada : début des auditions de l’ENFFADA au Labrador

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Kim Campbell-MacLean face à la commissaire Qajaq Robinson à la fin de son témoignage de ce matin. (Capture d’écran du site ENFFADA)
C’est Kim Campbell-MacLean, directrice du centre AnânauKatiget Tumingit, pour les femmes inuites, qui ouvrait ces deux jours d’audition tenus au Labrador : isolement géographique, maltraitance sexuelle et méfiance à l’égard du système de justice ont été abordés lors de cette première matinée de l’Enquête.

« L’espoir se retrouve chez les plus jeunes, c’est là que se retrouve tout notre avenir », a déclaré mercredi matin Kim Campbell-MacLean, la première femme à s’exprimer devant la commissaire Qajaq Robinson.

C’est par une explication des conditions de vie des communautés du Nunatsiavut qu’a commencé le témoignage de Mme Campbell-MacLean. Elle a notamment parlé de l’insécurité alimentaire et de l’importance de l’alimentation traditionnelle, laquelle est fortement bouleversée par les dérèglements environnementaux et la pollution par le mercure des cours d’eau.

« L’alimentation coûte très cher dans le Nord, et nous avons une association qui se nomme association Nord qui devrait aider, mais qui n’aide pas. Beaucoup de femmes se privent pour nourrir leurs enfants », a-t-elle déclaré.

L’éducation est la clef

Elle a ensuite abordé l’importance capitale de la culture et de la transmission des savoirs, la seule façon de combattre la déliquescence des communautés isolées. Kim Campbell-MacLean a conclu son témoignage en traitant des agressions sexuelles et du manque criant d’éducation des jeunes sur la question

« Trop d’enfants ne savent même pas qu’ils sont abusés parce que les agissements sont banalisés. Il faut donc les éduquer », a déclaré Campbell-MacLean

Elle a recommandé à la commissaire Robinson plus d’éducation des femmes sur les réalités urbaines des Inuits et elle a souhaité une formation obligatoire pour les policiers, les juges et les avocats venant travailler dans leurs communautés, pour que ceux-ci soient au courant des enjeux qui ont cours.

L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées poursuit ses auditions à Happy Valley-Goose Bay jusqu’au 8 mars.

National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women, Girls, Trans and Two Spirited Happy Valley-Goose Bay, Day 1, March 7, 2018. Family Hearing 1

Posted by National Inquiry MMIWG / Enquête nationale FFADA on Wednesday, March 7, 2018

 

 

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