Un canard de l’Arctique canadien s’adapte aux changements climatiques

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L’eider à duvet nordique est une sous-espèce de l’eider à duvet, que l’on retrouve éparpillé partout dans la région circumpolaire, en mer Baltique, en Finlande, en Suède et en Islande. Au Canada, ils vivent tout le long de la côte arctique. (Courtoisie de Evan Richardson)
Une étude récente révèle les effets presque nuls du changement climatique sur les populations d’eiders à duvet de la région circumpolaire en raison d’une résilience biologique.

« Comme beaucoup d’espèces marines arctiques, l’eider à duvet a des capacités étonnantes d’adaptation », explique le biologiste affilié à l’Université de Windsor et l’un des six auteurs de l’étude, Cody J. Dey, joint au téléphone par Regard sur l’Arctique.  L’étude a été menée conjointement par des chercheurs d’Environnement et Changement climatique Canada ainsi que deux chercheurs affiliés à l’Université de Windsor

« L’espace arctique, même sans considérer les actuels changements climatiques, est un lieu où les variations de température sont constantes. Les espèces qui y résident ont donc une très forte résilience à ces phénomènes. »

L’eider à duvet nordique est une sous-espèce de l’eider à duvet, que l’on retrouve éparpillé partout dans la région circumpolaire, en mer Baltique, en Finlande, en Suède et en Islande. Au Canada, ils vivent dans le détroit d’Hudson, dans le bassin de Foxe et sur la côte est de l’île de Baffin.

Avec une équipe de chercheurs qui se penchent sur ces espèces depuis plus de 25 ans, le biologiste Cody J. Dey révèle une capacité d’adaptation étonnante de cette espèce de canard dans une étude intitulée Forecasting the outcome of multiple effects of climate change on northern common eiders parue dans le numéro d’avril 2018 de la revue spécialisée Biological Conservation.

« Notre étude porte sur les façons dont les populations d’eiders vont changer dans les prochaines années et on se demande s’il y a un modèle pour prédire ces changements. » explique Cody J. Dey. « En rassemblant les données de notre équipe de scientifiques sur ces populations d’oiseaux et sur les données de populations d’ours polaires compilés par des scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada. Nous avons soumis ces chiffres à notre expertise en modélisation, c’est ce qui nous a permis de planifier les effets de ces changements climatiques sur les populations d’eiders sur les 25 prochaines années. »

Des effets négatifs et des effets positifs

Avec la fonte des glaces arctiques, les populations d’ours mangent de plus en plus les nids de ces canards, car ils ne peuvent plus chasser le phoque. C’est l’un des effets négatifs des changements climatiques sur cette espèce, dit le biologiste Dey.

« Mais il y a aussi des effets positifs du réchauffement climatique sur ces populations d’oiseaux. Le fait que la glace fonde plus rapidement permet aux oiseaux de se nourrir plus tôt et de se reproduire également plus », explique Dey. « Ce qui amène aussi une ponte d’oeufs plus nombreuse que la moyenne. Au final, les effets positifs annulent les effets négatifs et l’on a une population d’eiders à duvet nordique qui demeure stable pour les prochaines décennies. »

Ce n’est pas chaque année qu’une femelle pond ses oeufs chez l’eider à duvet nordique, mais avec les changements climatiques les femelles pondent plus et la proportion de femelles qui ne pondent pas s’amoindrit, a expliqué le scientifique.

 Un modèle de recherche efficace et universel
« Les recherches sur les changements climatiques doivent nous amener à réfléchir de manière plus large et non pas uniquement sur les effets de ce phénomène sur une seule espèce.  Tout est connecté en Arctique.» (Courtoisie de Evan Richardson)

Ce modèle de recherche développé par Cody Drey peut s’appliquer sur d’autres espèces et révéler les effets du réchauffement climatique sur les populations animales en Arctique.

« Nous avons appliqué les données et le modèle de recherche aux populations d’ours polaires pour juger de leur poids et de leur taille. Nous en sommes venus à cette conclusion : étant donné que la fonte des glaces arctiques s’accélère, les ours ne peuvent plus se nourrir de phoques, et deviennent beaucoup plus minces à cause de ce déséquilibre alimentaire. »

Cette recherche invite à comprendre un peu mieux l’écosystème arctique et tous les liens entre les espèces animales et leur milieu de vie, dit le biologiste.

« Les recherches sur les changements climatiques doivent nous amener à réfléchir de manière plus large et pas uniquement sur les effets de ce phénomène sur une seule espèce.  Tout est connecté en Arctique », a précisé Cody Drey.

 

 

 

 

 

 

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