Des nanosatellites du Nord canadien bientôt dans l’espace

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Des nanosatellites du programme CubeSats sont déployés par un engin à bord de la Station spatiale internationale (SSI), en 2014. (Reuters/NASA)
Un satellite en partie conçu aux Territoires du Nord-Ouest, dans le Nord canadien, volera dans l’espace en 2021.

Le Collège Aurora et l’Institut de recherche Aurora, situés dans ce territoire nordique, recruteront cet automne des jeunes pour participer à la conception, à la construction et au lancement de nanosatellites, qui diffuseront des éléments de culture autochtone ainsi qu’un jeu interactif pour opérateurs de radio amateur à travers le monde. Les deux établissements ont reçu un financement de 250 000 $ pour quatre ans de l’Agence spatiale canadienne, dans le cadre de l’Initiative canadienne CubeSats, pour élaborer ce projet qui culminera avec le lancement des satellites en 2020 et 2021.

« Je suis très heureux de cette chance, explique Patrick Gall, de la Division de la recherche du Collège Aurora, qui dirigera le projet avec sa collègue, Annika Trimble, coordonnatrice à l’éducation. Nous allons créer un jeu de chasse au trésor global basé sur les différents emplacements du satellite, qui émettra des messages. Il y aura une collaboration entre les opérateurs de radio amateur autour du monde pour deviner ce que notre satellite essaie de dire. »

Ce message à décrypter sera basé sur des histoires et des langues autochtones choisies par les futurs participants du projet, langues qui serviront aussi à partager des contes du Nord sur le ciel et l’espace dans une autre mission. Cette partie du projet répond aux appels à l’action déterminés par la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Une autre mission permettra de diffuser des œuvres d’art des TNO.

Partenariat avec des universités

Il faudra bien sûr d’abord construire ces satellites de 10 centimètres cubes, qui serviront également à recueillir des données météorologiques spatiales. Pour ce faire, les étudiants bénéficieront du soutien du Collège du Yukon, mais surtout de l’Université de l’Alberta, dont le CubeSats Experimental Albertan #1 (Ex-Alta 1) a été propulsé dans l’espace à partir de la base de lancement de Cape Canaveral en avril 2017.

Trois nanosatellites, connus sous le nom de CubeSats, sont déployés dans l’espace. (Reuters/NASA)

« Ça a inspiré notre partenariat avec eux, explique Patrick Gall, ils ont beaucoup de savoir-faire. Et nos trois satellites, ceux des TNO, du Yukon et de l’Alberta [Ex-Alta 2] seront basés sur le même concept. Ils se ressembleront beaucoup. » L’utilisation d’un même modèle, souligne Patrick Gall, qui appuie le développement de projets technologiques à Aurora, permet d’économiser de l’argent sur la construction pour le consacrer à d’autres parties du projet comme les transports, la sensibilisation, etc. Les étudiants de l’Université de l’Alberta exerceront un travail de mentorat auprès des jeunes des TNO.

Une partie des tâches des étudiants des trois territoires et de la province consistera à concevoir et programmer la charge utile du nanosatellite, c’est-à-dire la partie comprenant l’équipement pour les missions proprement dites.

Le premier satellite sera lancé en 2020, anticipe M. Gall, et les deux autres l’année suivante, d’un endroit pour l’instant indéterminé, mais vers la station spatiale internationale, en orbite autour de la Terre à 370 kilomètres d’altitude. À partir de là, ils accompliront leur mission dans l’espace durant un an, avec la participation des étudiants.

Recruter des jeunes

L’Initiative CubeSats aux TNO en étant encore à ses prémices, plusieurs éléments restent à déterminer, comme le mode de recrutement, le nombre d’étudiants, etc.

Le financement actuel du projet permet de recruter une équipe de base constituée de quatre ou cinq participants, mais le Collège Aurora et son Institut de recherche exploreront des sources supplémentaires qui leur permettront de faire participer un plus grand nombre de personnes.

« Le but de l’initiative est de nourrir l’intérêt pour les sciences, explique Patrick Gall, pour une carrière potentielle dans ce domaine, d’inspirer la prochaine génération d’explorateurs de l’espace, de sensibiliser à ce qu’on peut faire avec une éducation scientifique. » Conséquemment, le collège Aurora cherche à attirer des étudiants de 14 à 18 ans inscrits dans des programmes de mathématiques et de sciences. Cependant, le projet comportant aussi des volets art et linguistique, ces profils éducatifs seront aussi évalués. En bref, les initiateurs du projet se refusent à fixer un portrait-robot du futur participant.

Le projet offrira plusieurs occasions de voyages gratuits à ses participants, par exemple pour visiter la manufacture de nanosatellites de l’Université de l’Alberta, les quartiers généraux de l’Agence spatiale canadienne à Saint-Hubert, etc. Pour différentes réunions, ils auront accès à de l’équipement de téléconférence via le Conseil scolaire de division de Beaufort-Delta.

Le Collège Aurora et sa filière de recherche rejoignent 15 autres collèges et universités à travers le Canada participant à l’Initiative CubeSats.

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Denis Lord, L'Aquilon

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