Comment la vente de cannabis sera-t-elle encadrée dans chaque province et territoire du Canada?

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Au Canada, les provinces et territoires ont décidé d’une stratégie de vente du cannabis qui leur est propre. (Mario Anzuoni/Reuters)
À quelques semaines de la légalisation du cannabis, les provinces et les territoires canadiens ont choisi des stratégies de vente bien différentes. Voici à quoi ressemblera la vente de cannabis au pays.

Secteur privé, secteur public ou modèle hybride combinant public et privé, la plupart des provinces et des territoires canadiens ont fixé leur choix quant au modèle privilégié pour le commerce du cannabis.

Le Québec, les Maritimes (N.-B., N.-É., Î.-P.-É.) et les Territoires du Nord-Ouest ont opté pour une vente gérée par le secteur public. En Saskatchewan et au Manitoba, la vente sera gérée par le secteur privé.

En Alberta, la vente au détail relèvera du privé, tandis que la vente en ligne sera publique et contrôlée par la Commission des jeux du hasard, de l’alcool et du cannabis de l’Alberta (AGLC).

En Colombie-Britannique, il sera possible d’acheter du cannabis dans les magasins d’État, les BC Cannabis Stores, ainsi que dans des boutiques privées. Le gouvernement vendra également du cannabis en ligne.

À Terre-Neuve-et-Labrador, les entreprises privées seront responsables de la vente au détail. La Société des alcools en vendra en ligne et pourra également en vendre dans les communautés non desservies par le privé.

Au Yukon, un seul magasin géré par la Corporation des alcools devrait ouvrir après la légalisation. Le gouvernement vendra également du cannabis en ligne. L’objectif de la Corporation est de fermer son magasin lorsque les détaillants privés seront actifs.

En Ontario, seule la vente en ligne par le gouvernement sera d’abord permise lors de la légalisation. Le gouvernement de Doug Ford souhaite ensuite établir une réglementation en fonction des expériences des autres provinces. Le premier ministre a annoncé que la vente sera effectuée par le secteur privé. Les détaillants pourront probablement ouvrir leur boutique à partir du printemps, selon les estimations de la province.

Au Nunavut, la Société des alcools et du cannabis pourra procéder à la vente à distance, dans un établissement ou à travers un agent autorisé. Le gouvernement du Nunavut pourra également autoriser l’ouverture de boutiques ou de « salons », mais seulement après avoir consulté la communauté locale.

Divers types de magasins

La plupart des provinces et des territoires ont opté pour des magasins où sera uniquement vendu du cannabis.

En Nouvelle-Écosse et dans les Territoires du Nord-Ouest, le cannabis sera toutefois vendu dans des magasins où l’on vend aussi de l’alcool. À Terre-Neuve-et-Labrador, plusieurs points de vente seront situés dans les supermarchés, où se vend déjà de l’alcool.

Concilier secteur privé et santé publique

« Les provinces qui ont fait le choix de confier la vente au secteur privé risquent d’avoir certains problèmes par rapport aux objectifs de santé publique », estime le chercheur de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques de Montréal (IRIS), Philippe Hurteau.

« Les entreprises vont, et c’est tout à fait naturel, chercher à augmenter leurs ventes dans le but d’augmenter leurs profits, explique le chercheur. [Les entreprises] vont vouloir susciter une augmentation de la consommation de leur clientèle, ce qui est un peu contradictoire avec un objectif de santé publique. »

M. Hurteau explique que certains États américains ont octroyé le commerce du cannabis au secteur privé, lequel a dû, dans un premier temps, se conformer à un cadre très strict. Ce cadre a ensuite été assoupli, explique-t-il, pour que ces entreprises atteignent leurs objectifs marchands.

La légalisation du cannabis au Canada est prévue le 17 octobre. (Darryl Dick/La Presse canadienne)

L’expert ajoute que la vente du cannabis dans les mêmes magasins que l’alcool peut envoyer un message erroné au consommateur.

« Les experts disent que mettre les deux produits sur les tablettes l’un à côté de l’autre envoie un message au consommateur qu’il est normal de les consommer ensemble, dit-il. Pour ne pas envoyer ce message, on doit s’assurer de les séparer. »

« Dans plusieurs régions du Canada plus reculées, où il y a un dépanneur ou une épicerie pour un village, c’est plus difficile, nuance-t-il toutefois. On comprend bien qu’à certains endroits, il sera à peu près impossible d’éviter qu’il y ait du cannabis à côté de l’alcool, mais dans la mesure du possible, il faut tendre à éviter ce type de pratique. »

Correction : Une version précédente de ce texte indiquait que la stratégie de vente du territoire du Nunavut était indéterminée. Le Nunavut a en fait déjà établi les paramètres encadrant la vente du cannabis sur son territoire.

Correction : Les deux cartes figurant dans une version précédente de ce texte indiquaient que le territoire du Nunavut n’avait pas déterminé sa stratégie de vente. Le Nunavut a en fait déjà établi les paramètres encadrant la vente du cannabis sur son territoire, qui serait qualifiée d’hybride. Les cartes ont donc été retirées de l’article.

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