Faible participation du public dans l’évaluation des services en français d’un territoire nordique

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Linda Bussey, directrice générale de la Fédération franco-ténoise. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)
Tout juste 40 Franco-Ténois (sur 1276) ont répondu au sondage sur les services et communications en français du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Parmi eux, 20 ne l’ont pas complété jusqu’au bout.

C’est un des constats qui ressort du second rapport de la firme Grant Thornton qui a évalué le Plan stratégique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) sur les communications et les services en français.

L’évaluation avait pour objectifs : de mesurer l’intérêt des cadres du gouvernement dans le soutien du Plan, d’évaluer les ressources mises en œuvre, de jauger son utilité pour la communauté francophone, et de préparer le prochain Plan.

« Il doit y avoir un sondage en 2019 et nous nous assurerons d’avoir un taux de réponse plus élevé », promet la directrice générale de la Fédération franco-ténoise (FFT), Linda Bussey. « Il faudrait aussi trouver des outils pour mesurer les barrières qui empêchent les francophones de demander des services en français », relève-t-elle.

La directrice souligne que, paradoxalement, elle a reçu deux plaintes dans les trois derniers mois quant au manque de services de santé en français. « Les francophones ont du travail à faire, souligne Linda Bussey. Le gouvernement a fait une part du travail, nous avons notre part de responsabilité. Les services, il faut les prendre. »

La question des coordonnateurs

Pour compléter l’évaluation, le personnel de la firme Grant Thornton a interrogé des membres d’organisations francophones et des fonctionnaires du GTNO, dont les coordonnateurs des services en français des différents ministères.

Un peu moins des deux tiers d’entre eux estiment que leur sous-ministre est suffisamment accessible et qu’ils sont bien encadrés par leurs superviseurs et la haute direction. Paradoxalement, 69 % des coordonnateurs de services en français ont déclaré être rarement ou occasionnellement consultés par leurs supérieurs pour ce qui touche les communications et les services en français.

Le rapport Grant Thornton a relevé la contradiction : « Cette situation pourrait être en partie due au fait que les [coordonnateurs] travaillent à temps partiel et exercent des fonctions subalternes, contrairement à ce qui avait été prévu dans les Normes. Il semble qu’ils ne prennent part ni au travail sur les politiques ni à l’établissement de liens avec la communauté francophone. »

Les trois quarts des coordonnateurs de services en français sont d’avis qu’ils ne consacrent pas suffisamment de temps à cette tâche.

Pour résoudre ce problème, la firme a recommandé que les communications et services en français soient à l’ordre du jour des réunions de la haute direction des ministères au moins une fois par trimestre, et que les coordonnateurs participent à ces réunions.

Le GTNO a accepté cette recommandation, comme la plupart des recommandations.

Un drapeau franco-ténois surplombe la ville de Yellowknife. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)
L’utilité du Plan

Si une majorité de francophones a reconnu une amélioration des services en français, il a été exprimé que les ressources seraient préférablement concentrées sur des secteurs prioritaires comme la santé, les transports, la justice et le logement, après consultation avec la communauté francophone. Encore une fois, le GTNO a approuvé cette recommandation.

À la FFT, la directrice générale Linda Bussey considère que les ministères des Ressources humaines et de l’Industrie, Tourisme et Investissement sont aussi prioritaires.

Elle suggère que le gouvernement engage un coordonnateur à temps plein qui partagerait son temps entre différents ministères, notamment aux Terres et aux Affaires municipales et communautaires. Sa charge, suggère Mme Bussey, pourrait comprendre la visite régulière des points de services afin de s’assurer qu’ils sont disponibles.

Alors que les ministères et organismes du GTNO prétendent que 99 % de 150 points de service sont conformes aux normes, la vérification de Grant Thornton chiffre plutôt le résultat à 62 %. Grant Thornton conseille que des mesures de suivi continu des statistiques autodéclarées afin de garantir leur véracité et leur exactitude.

Communications et services

Par écrit, la présidente de la FFT, Catherine Barlow, a louangé le précédent rapport de Grant Thornton portant sur l’évaluation des services et communications en français du GTNO.

« Le rapport est très bon, a signifié Mme Barlow, les recommandations sont bonnes. Maintenant, Il faut absolument trouver des solutions concrètes. »

Dans sa demande de financement auprès de Patrimoine Canadien, la FFT est aussi pour une campagne de sensibilisation afin de promouvoir l’offre des services.

« Il faut informer et former les professionnels de la santé à comprendre l’importance d’avoir le choix d’être servi en français, ajoute Mme Barlow. Il faut revisiter la formation de l’offre active pour qu’elle soit moins politisée et plus humaine. »

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Denis Lord, L'Aquilon

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