Une formation pour intervenir auprès de personnes suicidaires dans le Nord canadien

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Erin Legault organise ses formations dans le Yukon (nord-ouest du Canada) depuis quatre ans. (Nelly Albérola/Radio-Canada)
Une vingtaine de personnes ont participé cette semaine à la formation ASIST, organisée au Collège du Yukon, à Whitehorse (nord-ouest du Canada), pour apprendre différentes techniques visant à aider les personnes qui ont des idées suicidaires.

Pendant deux jours, les participants ont appris à désamorcer une situation avec une personne suicidaire, en suivant une série d’étapes, dont la première est de savoir déceler les signes.

« Beaucoup savent déjà identifier une personne qui pourrait avoir des pensées suicidaires », rappelle Erin Legault, l’une des formatrices. « Mais il n’est pas facile de formuler ouvertement la question. »

« Penses-tu au suicide ? Ce n’est qu’une question, mais elle n’est pas simple. »

Erin Legault, formatrice ASIST

« Rien que le mot, suicide, est un terme qui met les gens mal à l’aise », poursuit la professionnelle. « Nous leur apprenons à dépasser ce tabou, à se sentir à l’aise et à en parler ouvertement, pour que la personne suicidaire puisse en faire de même. »

La deuxième étape enseignée aux participants consiste à faire preuve d’écoute et de soutien.

Les participants se prêtent au jeu de rôle pour apprendre à mieux appréhender une conversation avec une personne suicidaire. (Nelly Albérola/Radio-Canada)

Pour mieux comprendre la démarche, les formatrices invitent les participants à un jeu de rôle. Par pair, ils se mettent dans la peau d’une personne suicidaire et d’une personne qui écoute. « C’est vraiment un exercice difficile », admet Annabelle Grant, une jeune Ontarienne qui participe à un programme d’échange universitaire au Collège du Yukon. « On se sent très vulnérable. »

Gérer ses propres émotions

Trois amis de l’étudiante ont déjà pensé ou essayé de mettre fin à leurs jours. Ces tentatives de suicide ont marqué la jeune fille. « Peut-être qu’un jour, je suis allée trop fort dans mes propos », se demande-t-elle. « Il en faut moins que ça pour faire basculer tragiquement la situation. »

« Je me sens encore coupable parfois. »

Annabelle Grant, étudiante au Collège du Yukon

La culpabilité et la peur de ne pas trouver les mots justes sont des sentiments naturels que Erin Legault entend souvent lors de la formation. « Restez vous-même, soyez simplement là, sans jugement aucun… C’est souvent uniquement ce dont a besoin une personne ayant des idées suicidaires », souligne-t-elle.

La formatrice rappelle que le but de l’atelier n’est « pas d’apprendre à solutionner tous les problèmes de la personne, mais bien de lui sauver la vie, au moins pour une nuit. »

Assurer un plan de survie
Tous les numéros de téléphone d’urgence. (Nelly Albérola/Radio-Canada)

Les participants ont également appris à rechercher des points communs avec la personne suicidaire, et à lui montrer de multiples raisons à la vie. Un discours réconfortant et positif pour s’assurer que la personne ne va pas passer à l’acte au prochain moment de solitude.

Cette formation est financée par le gouvernement du Yukon. D’autres ateliers similaires auront lieu en février et en mars dans les communautés de Pelly Crossing, Watson Lake et Carmacks. Cette formation gratuite s’adresse aux professionnels de la santé comme aux particuliers désireux d’en apprendre davantage. « Tout le monde devrait savoir ces choses, affirme Annabelle, car on ne sait jamais quand une personne risque d’abandonner. »

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Radio-Canada

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