Kiinalik, l’histoire d’une rencontre symbolique dans le Grand Nord

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Le spectacle Kiinalik: These Sharp Tools présente la rencontre entre Laakkuluk Williamson Bathory (à gauche) et Evalyn Perry (à droite). Une rencontre symbolique entre le Nord et le Sud du Canada. (Jeremy Mimnagh)
Dans le spectacle Kiinalik : These Sharp Tools, de passage à Montréal cette semaine, deux artistes que tout oppose discutent d’identité et de culture à travers leur rencontre dans le Grand Nord.

En inuktitut, le mot « kiinalik » veut dire « aiguisé » ou « qui a un visage ». Cette notion, qui symbolise l’identité, est le fil conducteur de ce spectacle multimédia produit par la compagnie de théâtre torontoise Buddies in Bad Times.

Présenté un peu partout au pays dans le cadre d’une tournée pancanadienne, la production s’arrête quelques jours à l’Espace Libre à Montréal.

Sur scène, la Torontoise Evalyn Perry, également directrice de cette compagnie de théâtre, et la chanteuse et conteuse inuite Laakkuluk Williamson Bathory nous proposent une création multidisciplinaire.

Aux chants de gorge se mêlent musique folk, danse masquée inuite et projections vidéo sur l’Arctique d’Elysha Poirier.

Les spectateurs sont aussi appelés à partager leurs expériences de voyage, par exemple l’endroit le plus nordique qu’ils ont visité.

« C’est un défi parce qu’on doit situer ces endroits sur une carte et, des fois, je ne sais pas exactement où ils sont situés », dit en riant l’artiste inuite.

En procédant ainsi, chaque représentation de cette « discussion-concert » devient unique.

« C’est vraiment plaisant de rencontrer les différentes personnes qui sont dans la salle. Elles nous apprennent des choses, elles nous amènent à penser sur le vif. Ça rend le spectacle ludique », se réjouit Evalyn Parry.

L’identité au cœur du spectacle

« C’est en parlant les uns avec les autres que notre identité « s’aiguise », se définit, et il devient plus facile de la voir et de la comprendre », explique Laakkuluk Williamson Bathory.

« Ce voyage dans l’Arctique m’a ouvert les yeux sur les réalités du Nord canadien, sur une histoire que je n’avais pas comprise. »

« Quand je suis retournée dans le sud du pays, je me suis rendu compte que la majorité des gens avec qui je parlais n’en connaissaient que très peu, voire rien, de cette réalité », raconte la Torontoise queer pour qui ce voyage a été une expérience marquante.

Le spectacle multimédia Kiinalik: These Sharp Tools, a été présenté dans différentes villes du Canada, notamment à Iqaluit, la ville où réside Laakkuluk Wiliamson Bathory. (Jeremy Mimnagh)
Refuser le rôle de représentante

Avec ce spectacle, Laakkuluk Williamson Bathory veut exposer son art, mais refuse le rôle de représentante de sa communauté.

« Quand on est Autochtone, on nous demande tout le temps de parler au nom de notre peuple, de notre culture, mais je trouve ça difficile. Il y a des divergences d’opinion au sein de nos communautés. Je ne peux parler que pour moi-même, pas pour les autres », argumente-t-elle.

L’artiste réclame le droit d’être une artiste sans avoir à porter sur ses épaules toute la responsabilité de la culture inuite.

« On nous demande toujours de nous expliquer. Je ne veux pas avoir à faire ça, je ne veux pas avoir à m’excuser non plus pour les différents traumatismes que mon peuple a vécus, pour notre système d’éducation ni pour aucun des problèmes qu’on a connus. », fait valoir l’artiste.

Pour Laakkuluk Wiliamson Bathory, l’identité collective ne doit pas empiéter sur l’identité individuelle juste parce que la personne est Autochtone.

« Il n’y a rien de plus beau, de plus valorisant pour un jeune Autochtone, pour un artiste autochtone, que de lui dire qu’il peut être lui-même. »

Kiinalik : These Sharp Tools est de passage à l’Espace Libre, à Montréal, du 12 au 16 mars. La pièce est présentée en anglais et en inuktitut et surtitrée en français.

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