Le retour du saumon quinnat se fait attendre au Yukon et en Alaska

La saison du saumon quinnat s’annonce décevante cette année dans le fleuve Yukon, qui traverse le territoire du Yukon (Nord canadien) et l’Alaska. (Bill Schaefer/Getty Images)
Après une saison prometteuse en 2017, la montaison du saumon quinnat se fait décevante cette année dans le fleuve Yukon.

En date de mercredi, 55 198 saumons avaient traversé la frontière avec l’Alaska, alors que les autorités en attendaient au moins 71 000. À la passe migratoire de Whitehorse (sud du Yukon, nord-ouest du Canada), le premier saumon est arrivé le 30 juillet et depuis 60 y ont été enregistrés.

Le saumon du fleuve Yukon entame sa montaison dans la mer de Béring (entre l’Alaska et la Russie orientale) et traverse ensuite l’Alaska pour atteindre le Yukon et son aire de reproduction quelque 2000 kilomètres plus loin.

Un sujet de discussions internationales

Le minimum de 42 500 saumons requis par une entente internationale n’a été atteint que six fois dans les dernières 11 années, peut-on lire dans la plus récente mise à jour de Pêches et Océans Canada (MPO).

La directrice fédérale des pêches pour le fleuve Yukon, Mary Ellen Jarvis, affirme que la montaison est discutée deux fois par année lors de rencontres entre les autorités canadiennes, alaskiennes et les représentants des Premières Nations qui vivent du saumon du fleuve Yukon.

« En regardant les années à venir, il semble qu’on demeure au bas de la productivité et il n’y a aucune indication que les montaisons retrouveront leurs niveaux historiques. Les parties doivent donc poursuivre les discussions. »

Mary Ellen Jarvis, directrice des Pêches pour Pêches et Océans Canada

La directrice affirme que l’Alaska et les Premières Nations ont mis en place de nombreuses mesures de conservation ces dernières années qui ont permis d’augmenter sensiblement les effectifs, mais toujours pas assez pour permettre la reprise, par exemple, de la pêche commerciale qu’a connu Dawson (centre-ouest du Yukon) dans les années 1980 ou même la pêche sportive.

« Une situation désastreuse »

Les résidents du village Old Crow (nord du Yukon), en bordure d’une rivière tributaire du fleuve Yukon, n’auront eu droit qu’à quelques saumons chacun, selon le directeur des poissons et de la faune du conseil de la Première Nation Vuntut Gwetchin (VGFN), Darius Elias.

« Nous partageons le peu que nous avons. Tant de Premières Nations au Yukon ont dû fermer leur pêche de subsistance que le chef et le conseil ressentent cette pression et ont décidé d’envoyer de nos saumons pour que les aînés puissent au moins goûter au saumon traditionnel. »

Darius Elias, directeur des poissons et de la faune, VGFN

« Nous avons complètement cessé de pêcher il y a une dizaine de jours, y compris le camp culturel pour les enfants », explique-t-il, malgré le fait que la Première Nation profite d’une exception dans les ententes de revendications territoriales qui lui permet de récolter jusqu’à 750 saumons quinnat.

De l’espoir à la passe migratoire

À la passe migratoire de Whitehorse, qui permet aux saumons de traverser au-delà du barrage hydroélectrique, on note toutefois une tendance encourageante dans les saumons qui s’y présentent.

La superviseuse Émilie Major-Parent note effectivement que de plus en plus de femelles sont observées, et de plus de saumons sauvages plutôt que de ceux issus du programme de l’écloserie, qui vise à compenser pour les saumons tués dans les turbines du barrage.

« La tendance naturelle est d’une femelle pour trois à cinq mâles mais cette année, on pense avoir un meilleur ratio de près de un à un, et on aime voir plus de saumons sauvages que ceux de l’écloserie. Si la tendance se poursuit, ce serait parfait. »

Émilie Major-Parent, superviseuse, passe migratoire de Whitehorse

Le nombre de visiteurs à la passe migratoire augmente avec l’arrivée des premiers saumons. La superviseure s’attend à y voir passer 30 000 visiteurs pendant la saison.

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