Réactions au rapport sur les femmes autochtones disparues et assassinées au Canada : un certain espoir de décolonisation

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Le rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, intitulé « Réclamer notre pouvoir et notre place ». (Jean-François Villeneuve/Radio-Canada)
Les militants autochtones espèrent que le rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), obtenu vendredi par Radio-Canada, représente le premier pas vers une décolonisation des institutions du pays.

« On espère de décoloniser. […] Certains vont dire « génocide culturel ». D’autres vont dire : « Enlève culturel, c’est un génocide tout court ». Donc, on va entendre ça et on va nous-mêmes le dire comme commissaires », explique la commissaire de l’ENFFADA Michèle Audette, en entrevue à Radio-Canada.

« Je me suis vue comme un outil pendant les 33 mois, et que ce rapport-là, qui est très, très volumineux […], de l’utiliser au maximum pour rendre nos institutions, nos gouvernements, nos mouvements sociaux, puis tout ce qui existe autour de nous imputables », poursuit-elle.

Chez les militants, on croit qu’il faut attendre de voir comment le gouvernement va mettre les recommandations de l’enquête nationale en pratique.

La coordinatrice du projet Iskweu, un foyer pour femmes autochtones à Montréal, Jessica Quijavo, déplore cependant que les problèmes soulevés dans le rapport aient pris autant de temps pour être considérées par les instances politiques.

« Ce qu’il y a dans le rapport, c’est rien de nouveau, dit-elle. Malheureusement, ça a pris tellement de temps pour que ça ressorte. […] C’est un génocide qui dure depuis 500 ans. »

« S’il [avait été] question de femmes et de filles non autochtones, ça aurait été différent », croit Jessica Quijavo.

Au Manitoba, le rapport est accueilli avec prudence, mais le terme « génocide » résonne auprès de la communauté autochtone. « Ça en dit long sur comment les femmes et les filles autochtones sont traitées par le gouvernement », croit Nikki Komaksiutiksak, une militante inuite dont la tante a vécu de la violence policière.

Pour Ivana Yellowback, une autre militante de la nation crie de Manto Sipi au Manitoba, il est essentiel que davantage d’initiatives soient mises en place pour briser le cycle de la violence. « Faudrait que quelque chose soit mis en place pour que les hommes puissent en apprendre plus sur les femmes et comment on doit les traiter », précise-t-elle.

À Vancouver, Lorelei Williams de la première nation Skatin, qui a perdu sa cousine et sa tante, se réjouit de ce que cette situation soit reconnue comme un génocide.

« Les Canadiens doivent le comprendre, le monde aussi, dit-elle. Ils doivent comprendre que le Canada est imparfait. »

Selon l’Association des femmes autochtones du Canada, ce sont 4 000 femmes et filles autochtones qui sont portées disparues.

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