Services en français : les francophones du Yukon, dans le Nord canadien, expriment leur frustration

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Le comité indépendant chargé de la révision des programmes et des services en santé et services sociaux sociaux a entamé le processus de consultation publique. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
Le comité chargé de réviser les programmes et les services en santé et services sociaux du gouvernement du Yukon, dans le nord-ouest du Canada, a entendu les nombreuses doléances des Franco-Yukonnais mardi soir.

La consultation qui devait sonder la communauté sur quatre volets a eu peine à dépasser le volet des problématiques tant les participants avaient de nombreux exemples du manque de services en français dans les services de soins de santé.

Pour s’assurer d’être bien comprise des deux membres du groupe d’experts indépendants présents, la dizaine de représentants a même choisi de s’exprimer en anglais.

Selon le président du Partenariat communauté en santé, Régis St-Pierre, cette consultation spécifique aux francophones est essentielle et appréciée.

Régis St-Pierre espère que cette consultation mènera à de réels changements dans l’octroi de services en français. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
« La santé est un des piliers d’une communauté. Sans santé, peut-on vivre pleinement? Non. Et […] un des déterminants de la santé, c’est l’aspect culturel et l’aspect linguistique. »

Régis St-Pierre, président, Partenariat communauté en santé

La révision des programmes et des services en santé et services sociaux sociaux du gouvernement du Yukon vise à trouver des moyens d’améliorer l’efficacité du système dont les coûts dépassent ceux de tous les autres ministères.

La consultation publique cet été mènera à une série de recommandations du comité indépendant au gouvernement.

Bruce McLennan, président du groupe d’experts indépendants et ancien haut fonctionnaire, a affirmé pendant la rencontre avoir entendu ces mêmes problématiques dans le passé, observant que les services ne s’étaient visiblement pas beaucoup améliorés depuis.

Régis St-Pierre a en fait souligné que les services en français dans le domaine de la santé n’ont cessé de se dégrader depuis le transfert de responsabilités du fédéral au territorial dans les années 1990. Il remarque par ailleurs qu’il ne s’agit pas de la première consultation du genre et que malgré tout, rien n’a changé.

Quand les aînés perdent leur langue seconde

L’un des exemples les plus éloquents évoqués dans plus d’un cas est celui d’aînés francophones qui dans leurs dernières années perdent l’usage de l’anglais, leur deuxième langue, et n’arrivent pas à se faire comprendre de leurs proches ou du personnel soignant.

« [Le centre de soins de longue durée] a des patients qui souffrent d’alzheimer et qui ne peuvent pas avoir accès aux employés bilingues parce que les services ne sont pas axés sur les patients. […] Le système n’est pas organisé » a affirmé l’une des participantes.

Le président du groupe d’experts indépendants, Bruce McLennan (droite), affirme entendre et comprendre les préoccupations des francophones. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Une autre a donné l’exemple des tests en audiologie offerts aux petits francophones par une spécialiste qui ne parle que l’anglais occasionnant le risque d’octroyer de mauvais diagnostics.

Ou encore le fait, soutient une autre, que certains francophones tardent à consulter en raison de la langue ou vont préférer des soins de santé alternatifs parce que le soignant parle le français.

Régis St-Pierre a ainsi résumé la problématique: « Demander des services en français, c’est comme la loterie, mais on ne gagne jamais. »

Solutions possibles
Sandra St-Laurent (centre) affirme que les francophones sont un atout au système de santé. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Pourtant, certaines pistes de solution existent selon Sandra St-Laurent, directrice du Partenariat communauté en santé.

« Il existe un ajout d’identification de la langue ou même de l’identité autochtone en Ontario pour lier le personnel avec les patients. C’est plus efficace et il pourrait même y avoir du financement accessible présentement pour devenir un projet pilote. »

Sandra St-Laurent ajoute que les francophones, selon elle, peuvent être une source de compétences au sein du système de santé et ne devraient pas être perçus comme une complexité.

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Radio-Canada

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