Un territoire du Nord canadien s’apprête à redéfinir les limites géographiques de sa capitale

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La Ville de Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, doit entériner un vote le 22 juillet concernant le transfert de Ndilo et de l’île Jolliffe (à gauche) à la Première Nation des Dénés Yellowknives (PNDY). (Sara Minogue/CBC)
Une entente historique pourrait avoir lieu entre la Ville de Yellowknife, dans le nord-ouest du Canada, et la Première Nation des Dénés Yellowknives, concernant le transfert de terres.

Le conseil municipal de Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, devrait entériner un vote unanime de son Comité de la gouvernance et des priorités, qui appuie une entente avec la Première Nation des Dénés Yellowknives (PNDY).

Selon les termes de cette entente, la Ville de Yellowknife céderait Ndilo et l’île Jolliffe à la PNDY et recevrait des terres du commissaire situées à l’ouest et au sud des limites actuelles. Yellowknife passerait de 136 km2 à 210 km2.

L’administration de Yellowknife a déjà recommandé aux élus de la capitale d’accepter cette entente. Le vote aura lieu le 22 juillet et devrait n’être qu’une formalité.

Toutefois, l’entente devra être validée par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO), qui a une politique pour les modifications aux limites des municipalités.

La mairesse de Yellowknife, Rebecca Alty, a qualifié le moment d’historique et de « grand tournant pour les deux parties ». Les négociations à ce sujet ont commencé voilà plus de 10 ans. « Cette administration en parle depuis 18 mois », précise la mairesse.

De son côté, la PNDY a déjà approuvé l’entente.

Revendications territoriales

La PNDY fait partie des Premières Nations Akaitcho, dont il est anticipé qu’elles auront une entente de principe sur leurs revendications territoriales avant les prochaines élections fédérales. La modification des limites de la Ville fait partie de ces revendications.

La PNDY pourra modifier les réglementations à Jolliffe et Ndilo. Elle pourrait s’entendre avec la Ville pour que celle-ci continue à exercer différents services à Ndilo, par exemple pour les incendies, la voirie, etc.

Ses représentants n’étaient pas disponibles pour expliquer leurs objectifs au moment d’écrire ces lignes.

Les terres que la Ville recevra serviront à son développement pour les 50 prochaines années. Elles sont situées au sud, vers le Grand lac des Esclaves, et à l’ouest, jusqu’aux terres Akaitcho.

Le type de zonage de ces terres sera déterminé plus tard, indique Rebecca Alty. Mais la Ville sait déjà qu’une partie des terres à l’ouest abritera l’usine de traitement des eaux usées de Fiddler’s Lake. La politique des limites des communautés dit que toutes les infrastructures d’une ville doivent se situer dans ses limites. Cette usine est actuellement hors limite.

Approbation ténoise

Le mémorandum distribué au Comité de la gouvernance et des priorités fait état de la collaboration qui devra exister entre les deux parties et de la cogestion de certains dossiers. Les deux parties devront harmoniser certains règlements, par exemple la vitesse des motoneiges sur le Grand lac, qui sera divisé en deux parties.

« C’est historique, nous allons au gouvernement ensemble pour ces modifications », de dire Rebecca Alty.

Le ministère des Affaires municipales et communautaires (MACA) doit faire des consultations avec des gouvernements autochtones de la région en vertu de l’article 35 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Étant donné le travail déjà effectué par la Ville (avec entre autres la « North Slave Métis Alliance »), ce processus ne devrait pas prendre plus que deux mois, selon le MACA.

Il est vraisemblable que ces consultations commencent en août et que le ministre ne prenne une décision qu’après les élections.

Développement économique conjoint

Le 22 juillet, le conseil municipal de Yellowknife devra aussi voter sur une résolution de l’administration pour faire partie d’une initiative de développement économique communautaire, un programme conjoint de la Fédération canadienne des municipalités et du Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones, doté d’une enveloppe budgétaire de 45 000 $.

Selon le mémorandum, en 2019, Yellowknife et la PNDY ont été choisis parmi 44 candidatures pour participer à ce programme de deux ans.

« Nous travaillons avec la PNDY pour déterminer un projet économique sur lequel travailler ensemble pour faire avancer l’économie, explique Mme Alty. Peut-être qu’on va développer une stratégie, ou un projet touristique. Ça fait trois ans que ce projet existe. Neuf autres projets municipalité/Première Nation ont déjà des partenariats. »

Mme Alty donne différents exemples de partenariat comme celui entre Edmonton et la Première Nation Enoch, qui a généré du transport en commun régional, celui encore de Thunder Bay et de la Première Nation de Fort William, qui ont développé conjointement un projet de parc industriel et de fonderie.

« C’est le bon temps pour travailler ensemble, la Ville et les Yellowknives, observe la mairesse. Parce que 15 % des terres frontalières de Yellowknife font partie du territoire Akaitcho. Et ils souhaitent que des sections de ce territoire soient destinées à un usage commercial. »

Ces terres se trouvent près du district commercial Engle Business park.

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Denis Lord, L'Aquilon

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