Un port du sud du Québec sur la route de l’Arctique canadien

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Le projet du nouveau quai, estimé à 36 millions de dollars, sera financé par Ottawa, Québec et la Société du port de Valleyfield. (Marie-Eve Cousineau/Radio-Canada)
Le trafic maritime vers l’Arctique canadien augmente. Et le port de Valleyfield, le seul géré par une municipalité au pays, en profite.

Un nouveau quai sera construit prochainement pour accueillir plus de navires. Le projet de 36 millions de dollars sera financé à parts égales par le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et la Société du port de Valleyfield.

En 2018, le port de Valleyfield a accueilli plus de 130 navires. Parmi eux, des cargos de Groupe Desgagnés qui acheminent de la marchandise à une mine de fer sur l’île de Baffin, en Arctique.

« La mine de Baffinland veut construire une nouvelle voie ferrée, explique le directeur général de la Société du port de Valleyfield, Jean-Philippe Paquin […] Des travers de chemin de fer vont être expédiés là-bas. Mais il y a aussi tout l’équipement minier, les gros tracteurs, les gros camions de transport. »

Les navires de l’armateur Nunavut Eastern Arctic Shipping (NEAS), eux, desservent plusieurs communautés dans l’Arctique. « Il fait un peu la run de lait, comme on appelle ça, dit Jean-Philippe Paquin. Il peut [transporter] du papier de toilettes, des couches. Ça peut être n’importe quoi qu’on va retrouver dans un marché, un marché dans le Grand Nord. »

À condition, toutefois, que le produit soit non-périssable. Le voyage dure un mois, chargement et déchargement inclus.

Un port en expansion

Le port de Valleyfield a commencé ses activités en 1966. Il a été créé pour répondre aux besoins de CEZinc, qui opère une usine de transformation primaire de zinc.

Le port a longtemps été déficitaire, mais il est désormais rentable. « En 2018, il a enregistré un profit de 895 000 $, dit le maire de Valleyfield, Miguel Lemieux. »

Selon lui, ces infrastructures portuaires sont un atout pour convaincre des entreprises de s’installer dans la municipalité de 42 000 habitants.

L’entreprise Solargise a décidé d’implanter son usine de panneaux solaires à Valleyfield plutôt que sur des terrains du golf d’Anjou, dans l’est de Montréal.

« Pour la petite anecdote, les dirigeants ne savaient même pas que la Ville avait un port, raconte Miguel Lemieux. Alors qu’ils nous demandaient ça prendrait combien de temps si leur marchandise était débarquée à Montréal pour venir jusqu’à Valleyfield, on a dit :  » Ça va vous prendre cinq minutes, parce qu’on a un port juste à côté du terrain que vous convoitez. » »

Par courriel, la compagnie confirme que la « proximité à la fois du port de Salaberry-de-Valleyfield et de voies ferrées, la capacité hydroélectrique recherchée, de même que l’excellente collaboration de la municipalité ont grandement influencé le choix de Solargise de s’établir dans le secteur ».

Pour écouter le reportage de Marie-Ève Cousineau, cliquez ici.

Miser sur le cabotage
Des camions qui seront acheminés dans l’Arctique par navire. (Marie-Eve Cousineau/Radio-Canada)

Au cours des prochaines années, le maire Lemieux souhaite que le transport maritime de courte distance, le cabotage, se développe au Québec. Il n’est pas le seul. Le sujet revient souvent lors des consultations que mène cet été le gouvernement Legault sur sa stratégie maritime, selon, Chantal Rouleau, ministre responsable du dossier.

« Si on pouvait déplacer les camions sur le fleuve, que le transport des marchandises courte distance puisse se faire sur le fleuve, on améliorerait l’économie, la question environnementale, dit Mme Rouleau. »

Le gouvernement Legault poursuivra ses consultations cet automne, notamment auprès du public sur Internet.

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