Expédition Franklin : début de nouvelles fouilles sous-marines dans l’Arctique canadien

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Une équipe d’archéologues de Parcs Canada a entamé des fouilles subaquatiques sur les épaves des navires HMS Erebus et HMS Terror. Cette image montre une vue aérienne du site où est enfouie l’épave du HMS Terror, au Nunavut, un territoire de l’Arctique canadien. (Jason Franson/La Presse canadienne)
Une équipe d’archéologues de Parcs Canada mène actuellement des fouilles à l’intérieur des épaves des navires HMS Erebus et HMS Terror, vestiges de l’expédition maritime de John Franklin visant à découvrir le passage du Nord-Ouest, dans l’Arctique canadien, au milieu du 19e siècle.

« Chaque année, pendant que les recherches et les travaux opérationnels sur les lieux se déroulent, les occasions d’emploi et de tourisme se multiplient, ainsi que les occasions pour les communautés inuit et du Nunavut de faire part de leurs connaissances et de leurs expériences au monde », a indiqué vendredi le président du Comité consultatif provisoire de l’expédition Franklin, Fred Pedersen, par voie de communiqué.

Formé en 2016, le comité est entre autres composé de représentants des gouvernements fédéral et territorial ainsi que de membres de la Kitikmeot Inuit Association (KIA) et de la Fiducie du patrimoine inuit.

Les archéologues de Parcs Canada ont utilisé un véhicule sous-marin téléguidé et une caméra en haute définition pour explorer l’intérieur de l’épave du HMS Terror et effectuer une cartographie en trois dimensions. Ils procéderont par ailleurs à l’excavation des cabines des officiers et du pont inférieur du second navire, le HMS Erebus.

Les épaves des deux navires sont enfouies dans les eaux limitrophes de l’île du Roi-Guillaume, dans l’archipel arctique canadien. (Parcs Canada)

L’équipe s’est déjà rendue à Cambridge Bay et à Gjoa Haven, les deux communautés les plus proches des sites, pour présenter le navire océanographique (NO) David Thompson de Parcs Canada, qui est utilisé comme plateforme d’exploration, et pour répondre aux questions des résidents. Le bateau, d’une longueur de 29 mètres, dispose notamment d’un laboratoire, d’une grue et d’une station de communications par satellite.

L’enquête liée aux deux épaves est l’un des projets archéologiques subaquatiques les plus importants de l’histoire du Canada.

Parcs Canada croit qu’il existe des milliers d’artefacts toujours enfouis dans les navires et que leur découverte devrait permettre de mieux comprendre l’histoire de l’expédition de Franklin.

Plus de 170 ans d’interrogations

Dirigée par le capitaine John Franklin, l’expédition visait à accomplir la première traversée du passage du Nord-Ouest et à explorer l’Arctique canadien. En 1845, après avoir parcouru une partie de la baie de Baffin, dans le nord-est du Nunavut, les navires britanniques HMS Erebus et HMS Terror se sont lancés dans le détroit de Lancaster, avant de disparaître.

Le 19 mai 1845, l’explorateur britannique John Franklin quitte la Tamise avec plus de 130 membres d’équipage pour trouver le passage du Nord-Ouest. Les navires transportent aussi des provisions pour trois ans ainsi que des instruments de recherche pour la botanique, la zoologie et la géologie. (The Illustrated London News/Getty Images)

En 2014, une mission menée par Parcs Canada a permis de retrouver l’épave du HMS Erebus, enfouie dans les eaux du sud de l’île du Roi-Guillaume, dans l’archipel arctique canadien.

Deux ans plus tard, une deuxième épave, le HMS Terror, a été repérée au large de la péninsule Adélaïde, située à plusieurs kilomètres au nord du premier navire. C’est d’ailleurs grâce aux informations d’un Inuk qui travaillait au sein de l’équipe de la Fondation de recherche de l’Arctique que le HMS Terror a pu être retrouvé.

Au mois d’avril, le gouvernement fédéral et la Fiducie du patrimoine inuit ont signé un protocole d’entente visant à déterminer de quelle manière ils comptaient étudier et conserver les artefacts recueillis dans les épaves. L’accord prévoyait aussi l’inclusion des connaissances des Inuit dans le processus de préservation des artefacts et elle priorisait l’exposition de ces objets anciens au Nunavut.

« Les contributions des Inuit ont été indispensables dans la recherche et la découverte des épaves du HMS Erebus et du HMS Terror », a mentionné la ministre fédérale responsable de Parcs Canada, Catherine McKenna.

Même si les sites où gisent les deux épaves ne sont accessibles qu’après l’obtention d’un permis, le Comité consultatif provisoire de l’expédition Franklin croit qu’ils présentent un potentiel touristique à long terme pour les communautés environnantes.

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