Mission MOSAiC : des scientifiques internationaux entament leurs recherches en plein cœur de l’hiver arctique

Transportée par le brise-glace russe « Capitaine Dranitsyn » (à droite), une nouvelle équipe de scientifiques de l’expédition MOSAiC a pu monter à bord du navire de recherche Polarstern (à gauche) pour entamer la deuxième phase de cette vaste mission scientifique dans l’Arctique. (Esther Horvath et Jakob Stark/Alfred-Wegener-Institut)
Des scientifiques internationaux viennent de s’engouffrer dans l’obscurité de la nuit polaire de l’Arctique pour entreprendre des recherches sur la glace marine.

Une centaine d’experts de la mission MOSAiC (Multidisciplinary drifting Observatory for the Study of Arctic Climate) – une vaste expédition de recherche dans l’Arctique – a entamé lundi la deuxième étape de cette odyssée scientifique. Au cours des deux prochains mois, l’équipe collectera des données sur la glace marine dans l’obscurité la plus totale.

« L’un des principaux défis […] est d’arriver sur une banquise que nous n’avons jamais vue à la lumière du jour et donc, de n’avoir aucune idée de l’endroit où nous nous trouvons », a indiqué le géophysicien à l’Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine (AWI), en Allemagne, et chef de l’équipe de recherche de la deuxième phase de la mission, Christian Haas, par voie de communiqué.

Selon l’AWI, il s’agit de l’une des phases les plus complexes de la mission scientifique, puisqu’elle correspond à la période la plus froide et la plus sombre de l’année.

Dans la région du cercle arctique, le nombre de jours d’ensoleillement annuel varie en fonction de la latitude. Durant la nuit polaire, qui correspond à la période hivernale où le soleil de ne lève jamais, les journées sont plongées dans la noirceur continue.

« Nous devons donc apprendre à percevoir notre environnement par d’autres moyens que par nos yeux. »

Christian Haas, géophysicien à l’Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine (AWI)

Pour cartographier leur environnement, les chercheurs auront notamment à leur disposition des caméras infrarouges et des hélicoptères munis d’une technologie de balayage laser.

L'expédition MOSAiC en quelques chiffres
  • 390 jours estimés;
  • 600 scientifiques internationaux à bord (par alternance);
  • 20 pays impliqués;
  • 140 millions d’euros (environ 205 millions de dollars canadiens);
  • 4 brise-glaces de ravitaillement;
  • 7 km par jour;
  • 6 personnes affectées à la surveillance d’ours polaires aux alentours du navire Polarstern.

Au fil de leurs recherches, l’objectif des scientifiques est de mieux comprendre le système climatique de l’Arctique. Leurs analyses gravitent autour de cinq axes – l’atmosphère, la glace marine, l’océan, la biogéochimie et l’écosystème – liés les uns aux autres par de complexes interrelations.

« Je suis particulièrement curieux de voir si des vents chauds vont continuer à gagner le centre de l’Arctique, comme nous l’avons vu ces dernières années en décembre et en janvier, et si cela va entraîner de la pluie dans le Pôle Nord durant l’hiver », a fait savoir Christian Haas.

Le biogéochimiste Patric Simões Pereira (à gauche) et l’océanographe Adela Dumitrascu (à droite) effectuent de l’échantillonnage sur la banquise arctique. (Esther Horvath/Alfred-Wegener-Institut)
Une première phase terminée

Au cours de la première phase de recherche, qui a débuté au mois de septembre, des spécialistes de la glace marine, de l’atmosphère et des écosystèmes se sont relayés à bord du brise-glace allemand Polarstern.

L’équipage a dû procéder à plusieurs évacuations à cause du passage d’ours polaires sur leur camp de recherche, en plus de faire face à une importante tempête qui a entraîné plusieurs dégâts matériels. « La première phase de l’expédition n’a pas été facile », a affirmé le directeur de la mission MOSAiC et chercheur à l’AWI, Markus Rex.

Somme toute, la tempête a permis aux experts de déterminer les conséquences de ce type d’événement climatique, notamment sur la glace, la neige et l’atmosphère. « Les effets de ces tempêtes sur le système climatique de l’Arctique n’ont jamais été documentés de manière aussi complète », a-t-il affirmé.

Durant la première semaine de décembre, l’équipage a fait face à des conditions météorologiques complexes, dont des vents violents, de la poudrerie et une faible visibilité. (Esther Horvath/Alfred-Wegener-Institut)

Le 9 décembre, des données préliminaires obtenues grâce à une technologie de détection et de télémétrie par ondes lumineuses à haute résolution (LiDAR) ont montré la présence de fines particules de poussière dans l’atmosphère, dans la région de l’Arctique central.

Selon les chercheurs, une importante proportion de ces particules résulte de l’activité humaine et de feux de forêt provenant de Sibérie et d’Amérique du Nord.

Le navire de recherche Polarstern doit se laisser dériver dans les glaces de l’Arctique jusqu’à l’automne 2020.

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