Une hausse des températures dans l’Arctique plus importante que dans l’ensemble du globe, selon une étude

Les températures de l’Arctique ont augmenté de 0,75 degré Celsius au cours des 10 dernières années, selon une récente étude de l’Université de Californie à Davis. (Eric Post/Université de la Californie à Davis)
La hausse des températures enregistrée dans l’Arctique au cours des 10 dernières années est presque équivalente à celle observée dans l’ensemble du globe depuis plus d’un siècle, conclut une récente étude américaine.

« Les changements qui ont eu lieu dans la dernière décennie sont si dramatiques que l’on se demande ce que le réchauffement [climatique] risque d’entraîner au cours des 10 prochaines années », affirme Eric Post, professeur au Département de la faune, des pêches et en biologie de la conservation à l’Université de Californie à Davis, et auteur principal de l’étude, dans un communiqué de presse.

Dans leur étude (en anglais), publiée le 4 décembre dans la revue scientifique Science Advances, les 15 experts internationaux montrent que l’Arctique a enregistré à elle seule une hausse de 0,75 degré Celsius au cours des 10 dernières années, tandis qu’il aura fallu 137 ans à l’ensemble du globe que les températures augmentent de 0,80 degré Celsius.

« Si l’Arctique n’a pas déjà franchi une nouvelle ère, alors il est sans aucun doute sur le point d’y parvenir », croit Eric Post.

Cette analyse multidisciplinaire visait à documenter les effets du réchauffement climatique dans l’Arctique et dans l’Antarctique, notamment sur la toundra, la faune, les pratiques traditionnelles des Autochtones et le pergélisol.

Conséquences irréversibles

Les scientifiques dont l’expertise porte notamment sur l’océanographie, la faune, la biologie et la science politique se sont interrogés sur les répercussions, pour l’Arctique et l’Antarctique, du maintien du réchauffement climatique à un seuil maximal de 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle d’ici à 2100.

Cette cible climatique, conclue lors de l’Accord de Paris sur le climat de 2015, est récemment revenue au centre des discussions durant la conférence des Nations unies sur le climat (COP25), organisée du 2 au 13 décembre. Les pays signataires ne sont toutefois pas parvenus à s’entendre sur un accord de mise en œuvre.

La conférence des Nations unies sur le climat (COP25) avait notamment pour objectif d’augmenter les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 et de mettre en oeuvre l’Accord de Paris sur le climat, signé en 2015 dans l’optique de limiter le réchauffement climatique à un seuil maximal de 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle d’ici à 2100. (Gabriel Bouys / AFP via Getty Images)

« Dans un scénario d’inaction climatique, la planète pourrait atteindre une hausse de 2 degrés Celsius dans une quarantaine d’années », affirme l’auteur principal de l’étude. « Mais l’Arctique franchit déjà ce seuil durant certains mois de l’année, et les températures de la région pourraient même augmenter de 2 degrés Celsius et le rester à longueur d’année, et ce, 25 ans avant le reste du globe », souligne-t-il.

« Les efforts de réduction [des gaz à effet de serre] peuvent ralentir ou réduire la hausse des températures, sans quoi le réchauffement aux latitudes nordiques pourrait s’accélérer au cours des deux à trois prochaines décennies. »

extrait de l'étude

Selon l’étude, une hausse de 2 degrés Celsius des températures planétaires aurait des effets irréversibles sur les pôles. Les températures de l’Arctique pourraient augmenter de 7 degrés Celsius et celles de l’Antarctique, d’environ 3 degrés Celsius.

« Ce qui survient dans l’Arctique ne reste pas dans l’Arctique », assure à son tour Michael Mann, directeur du Earth System Science Center de l’Université d’État de Pennsylvanie et coauteur de l’étude.

Dans un scénario d’inaction climatique, les chercheurs affirment qu’il faudra s’attendre à une multiplication d’événements climatiques extrêmes, une hausse des feux de forêt dans l’hémisphère Nord et une augmentation du niveau des mers dans l’Arctique comme dans l’Antarctique.

Pour mener leurs recherches, les scientifiques se sont notamment appuyés sur des systèmes de modélisation ainsi que sur de l’imagerie satellite.

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