COP25 : l’organisation internationale des Inuit tire la sonnette d’alarme sur l’urgence climatique

La présidente du Conseil circumpolaire inuit (CCI), Dalee Sambo Dorough, s’est rendue à la conférence des Nations unies sur le climat (COP25), à Madrid, où elle a prié les gouvernements de prendre plus de mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques dans l’Arctique. Cette image montre Dalee Sambo Dorough lors de l’assemblée générale du CCI de 2018, organisée en Alaska. (Bill Hess/Courtoisie du Conseil circumpolaire inuit)
Des organisations inuit de plusieurs régions de l’Arctique somment les gouvernements, les corporations et les sociétés civiles de leur pays respectif de prendre plus au sérieux l’urgence climatique qui frappe de plein fouet leurs régions.

« Notre glace fond, nos océans sont en danger et notre planète est en feu », a déclaré vendredi la présidente du Conseil circumpolaire inuit (CCI), Dalee Sambo Dorough, en s’inspirant des termes employés par l’activiste suédoise Greta Thunberg lors de son allocution au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, au mois de janvier.

Les représentantes des branches nationales du Conseil circumpolaire inuit et la présidente du Conseil national des jeunes Inuit, au Canada, étaient de passage à Madrid dans le cadre de la conférence des Nations unies sur le climat (COP25), organisée du 2 au 13 décembre.

L’événement avait notamment pour objectif d’augmenter les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 et de mettre en oeuvre l’Accord de Paris sur le climat, signé en 2015 dans l’optique de limiter le réchauffement climatique à un seuil maximal de 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle d’ici à 2100.

La vice-présidente de la branche canadienne du Conseil circumpolaire inuit (CCI), Lisa Koperqualuk, et le ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, à la COP25 sur le climat. (Courtoisie du Conseil circumpolaire inuit-Canada)
Des effets irréversibles

La présidente de la branche du CCI dans la région Tchoukotka (Arctique russe), Liubov Taian, en a profité pour rappeler de quelles manières les changements climatiques bouleversaient les pratiques des Inuit de toutes les régions du cercle circumpolaire arctique.

Record de températures, accélération de la fonte des glaces, déclin des populations de caribous, dégel précoce du pergélisol… Les conséquences du réchauffement climatique sont bien tangibles; à un point tel qu’elles redéfinissent déjà les déplacements et les pratiques ancestrales des Inuit, comme la chasse et la pêche, qui assurent depuis plusieurs millénaires leur subsistance.

« Les conséquences négatives des changements climatiques ont de sérieux effets sur la santé humaine, a mentionné vendredi Liubov Taian par voie de communiqué. Nous ne serons plus en santé si les liens qu’entretiennent les Inuit avec la vie, la santé et la famille sont altérés. »

La vice-présidente de la branche canadienne du CCI, Lisa Koperqualuk, a de son côté fait part de ses inquiétudes concernant l’acidification de l’océan Arctique, dont les retombées irréversibles sur les espèces marines menacent les populations côtières qui en dépendent.

Certaines espèces de poissons, qui vivent généralement dans l’océan Atlantique, empiètent graduellement sur les eaux arctiques, ce qui altère l’équilibre des océans. « Une quantité plus importante de dioxyde de carbone dans les eaux met en danger la vie marine et la chaîne alimentaire dont nous dépendons », a-t-elle affirmé.

Plusieurs communautés inuit du Nord canadien doivent adapter leurs pratiques aux nouvelles réalités qu’imposent les changements climatiques. La pêche et la chasse, qui assurent depuis plusieurs siècles la subsistance des Inuit, sont confrontées au déclin de certaines espèces contre l’apparition d’autres. (Matisse Harvey/Regard sur l’Arctique)
Les jeunes inuit vulnérables

Au nombre des représentantes inuit s’est aussi jointe la présidente du Conseil national des jeunes inuit, Crystal Martin-Lapenskie, qui représente les jeunes inuit des quatre régions inuit du Nord canadien : la région désignée des Inuvialuit (nord-ouest du Canada), le Nunavut (Nord canadien), le Nunavik (Nord québécois) et le Nunatsiavut (nord du Labrador).

Cette dernière a notamment insisté sur la nécessité pour les peuples autochtones de mener leurs propres recherches en lien avec le climat.

« À mesure que cette crise [climatique] prend de l’ampleur, ce sont les jeunes qui ont le plus à perdre et il est légitime de dire qu’elle porte atteinte aux droits humains de nos enfants et de nos jeunes », a souligné la présidente du Conseil circumpolaire inuit (CCI), Dalee Sambo Dorough.

La voix des Inuit, particulièrement leurs connaissances liées au territoire, est de plus en plus prise en compte par les scientifiques et les gouvernements.

Ce fut d’ailleurs le cas dans le récent Rapport spécial sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique, du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC), un document d’environ 900 pages qui a mis en garde les dirigeants internationaux sur les coûts et les risques encourus à rester inactifs face aux changements climatiques.

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