Un journaliste américain publie une bande dessinée sur les défis des autochtones des Territoires du Nord-Ouest

L’auteur de bandes dessinées Joe Sacco s’est intéressé à la réalité des Premières Nations des Territoires du Nord-Ouest. (Emilie Dessureault-Paquette/Radio-Canada)
Le journaliste et dessinateur Joe Sacco a dû surmonter le scepticisme de la Nation dénée des Territoires du Nord-Ouest lors de la création de sa nouvelle bande dessinée journalistique Payer la Terre : À la rencontre des Premières Nations des Territoires du Nord-Ouest canadien.

Payer la terre  explore les problèmes sociaux provoqués par le colonialisme tout en suivant la montée des mouvements de résistance sur le territoire, comme celui dirigé par la Fraternité indienne, qui est maintenant la Nation dénée.

Le livre a été écrit en anglais et traduit en français au mois de mai. Il examine la question de savoir si le pétrole, le gaz et l’exploitation minière aident les Premières Nations qui tentent d’affirmer leur souveraineté et de protéger leurs terres ou leur nuisent.

Joe Sacco, qui a publié sous forme de bande dessinée certains des récits sur plus grands conflits de l’histoire contemporaine, tels que la guerre dans les Balkans et l’occupation de Gaza, s’est confronté à la méfiance des Autochtones, qui vient de décennies de missionnaires et de bureaucrates blancs imposant leurs croyances.

« Ce n’est pas un dessin animé. Ce n’est pas une blague », dit un homme, se référant aux batailles dans les Sahtu contre la fracturation hydraulique, que Joe Sacco dessine dans les pages de son nouveau livre. « C’est quelque chose de vraiment sérieux. »

Résilience

Après deux visites sur le territoire en 2015 et 2016, et des années d’écriture et de dessin, le livre de l’Américain est désormais publié.

La bande dessinée dépeint la résilience des Autochtones, notamment devant les tentatives du gouvernement canadien d’effacer systématiquement le mode de vie des Dénés, depuis la signature du Traité no 11, en 1921. Il traite aussi du système des pensionnats Autochtones, de nouveaux accords sur les revendications territoriales qui obligent les Premières Nations à céder davantage d’autorité sur leur territoire.

« En tant qu’Occidental, je considère la terre comme une propriété, comme quelque chose à construire, à acheter, à subdiviser, peu importe. Le livre m’a en quelque sorte aidé à décoloniser une partie de moi-même. »Joe Sacco
« Je pensais que tous les Autochtones auraient été très opposés à l’extraction des ressources. Bien sûr, ce n’est pas le cas. Je me suis rendu compte qu’il y a plusieurs positions. »

Le membre fondateur et organisateur politique de Dene Nahjo, Dëneze Nakehk’o, a discuté avec Sacco du travail de son groupe, qui continue le travail de militantisme de la génération de ses parents dans les années 1970.

« En tant que fan fini de bandes dessinées, j’étais assez content », estime-t-il.

Pour Nakehk’o, le rôle de Joe Sacco comme journaliste étranger au Canada signifie que l’artiste n’a pas apporté certains « mythes coloniaux » habituels dans sa création.

Le journaliste est désormais craintif de la réception de son livre par les Autochtones.

« C’est une chose d’avoir des lecteurs, disons, des États-Unis – qui ne connaissent pas grand-chose aux Territoires du Nord-Ouest, mentionne-t-il. C’en est une autre d’avoir les gens de la place qui le lisent et me donnent des retours. »

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