Un gigantesque iceberg à la dérive menace une île de l’Atlantique Sud

Selon une étude menée par des scientifiques de 13 agences fédérales du gouvernement américain, l’augmentation de la température mondiale au cours des 115 dernières années a été principalement causée par «les activités humaines», en particulier les émissions de gaz à effet de serre. (Mario Tama/Getty Images)
À la dérive dans l’Atlantique Sud, un impressionnant Iceberg se dirige tout droit sur une île où résident des colonies de phoques et de manchots. Les experts craignent un bouleversement dans l’écosystème de la région.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le plus grand iceberg du monde est un géant de glace. C’est même du jamais vu. D’une surface de 4 200 kilomètres carrés, la bête est d’une longueur de 160 kilomètres et 48 kilomètres de largeur.

Les hausses de températures font fondre la banquise dans les pôles. Alors que le mois de novembre a été le mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète, les bouleversements climatiques favorisent la multiplication des icebergs.

Tout commence en juillet 2017. Sous l’impact des changements climatiques, les experts observent alors en Antarctique une faille de 200 kilomètres formant l’iceberg baptisé de son nom de code A68a.

Depuis qu’il s’est détaché, le bloc de glace visible par les satellites dans l’espace dérive dans la mer de Weddell se dirigeant toujours un peu plus vers le nord. Aujourd’hui, il n’est plus qu’à moins de 200 kilomètres de l’île Géorgie du Sud, une possession britannique située en face de l’Argentine, à 1500 kilomètres à l’est des Malouines.

Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Ils craignent qu’en s’échouant, sur l’île les impacts sur la faune soient irréversibles. La Géorgie du Sud abrite, entre autres, une colonie de dizaines de milliers de manchots. Chez l’opérateur national britannique en Antarctique (British Antarctic Survey) on s’attend à ce que l’iceberg A68a percute le fond marin d’ici quelques semaines sans rien qui puisse ralentir sa capacité de destruction.

« S’il y a des animaux qui vivent dans ces zones-là, ils vont se retrouver en face d’un énorme glaçon qui va évidemment beaucoup changer les paramètres écologiques et va avoir un impact important pendant plusieurs années », a déclaré en entrevue sur la chaîne France 2, Gilles Ramstein, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

La collision entre l’iceberg le plus grand du monde et l’île de Géorgie du Sud située dans l’Atlantique Sud serait imminente. (Twitter/Copernicus-Sentinel 3)

Une possible catastrophe environnementale annoncée avertissent les scientifiques qui suivent de près le parcours de l’iceberg, notamment grâce aux satellites Sentinel du programme Copernicus de l’Agence spatiale européenne.

Car une fois stationné proche de l’île, il prendra sans doute plusieurs années avant de fondre complètement. Les conséquences dans l’écosystème des fonds marins pourraient quant à eux perdurer durant plusieurs décennies.

Les dernières observations indiquent que l’iceberg aurait commencé à se disloquer. Les satellites suivent son parcours. Les scientifiques prédisent une possible collision pour la fin décembre, mais ajoutent que le bloc de glace pourrait frôler l’île avant de se diriger en direction du Sud.

Ismaël Houdassine, Regard sur l'Arctique

Ismaël Houdassine est diplômé en journalisme de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière comme reporter et journaliste culturel. Avant de rejoindre l’équipe de Radio-Canada, il a collaboré durant plusieurs années pour plusieurs médias, notamment l’Agence QMI et Le HuffPost.

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