Une commission d’examen rejette le projet d’agrandissement d’une mine dans le Nord canadien

La CNER refuse d’appuyer le projet d’expansion de la mine de fer Mary River, au Nunavut. (Baffinland)
La Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions (CNER) s’oppose à l’agrandissement de la mine de fer Mary River dans une recommandation publiée vendredi. La question divisait la communauté de Pond Inlet depuis plusieurs années.

La recommandation tant attendue a été publiée à l’issue d’un processus de révision de quatre ans qui a opposé le développement économique aux protections environnementales et à la durabilité de la chasse traditionnelle.

La décision revient cependant au ministre fédéral des Affaires du Nord, Dan Vandal, qui s’est engagé à faire connaître son choix dans les 90 prochains jours.

La mine Mary River appartient à Baffinland Iron Mines. Dans un communiqué de presse publié vendredi, cette dernière se dit déçue et surprise de la décision.

« Notre proposition de phase 2 s’appuie sur des années d’études approfondies et d’analyses scientifiques détaillées, et bénéficie d’un soutien local considérable basé sur des années de consultation avec les Inuit et les communautés locales », écrit le directeur et président, Brian Penney.

Il demande par ailleurs au gouvernement fédéral de tenir compte de toutes les preuves et commentaires et d’approuver la demande « avec des conditions justes et raisonnables ».

Depuis 2015, Baffinland exploite ce qui est considéré comme l’un des gisements de fer les plus riches du monde. La mine expédie environ 6 millions de tonnes de minerai par an.

La société souhaitait, en agrandissant la mine, doubler ses expéditions depuis son port de Milne Inlet et construire une voie ferrée de 110 kilomètres jusqu’au port.

Baffinland avait précédemment affirmé que l’expansion de la mine aurait pu créer 325 emplois. Elle avait aussi fait plusieurs promesses aux communautés locales, notamment des programmes de surveillance de l’environnement, des bateaux, des garderies, des centres de formation.

La minière s’était aussi engagée à progressivement augmenter le transport maritime dans les quatre années à venir et à bannir l’utilisation du mazout lourd sept ans avant son interdiction dans l’Arctique canadien.

Bon nombre de ces engagements découlent d’un accord que Baffinland a signé avec l’Association inuit Qikiqtani (QIA) en 2020 et qui devait être respecté en cas d’expansion.

Malgré cette entente, QIA avait choisi de ne pas soutenir le projet d’agrandissement, mettant en avant un manque de confiance de la part des communautés et l’incertitude quant à savoir si les nouvelles mesures d’atténuation proposées allaient réellement fonctionner pour une exploitation minière plus importante.

À plusieurs reprises, Baffinland avait mis en garde que sans son agrandissement, la mine ne serait plus rentable. Dans le cas d’un scénario n’allant pas en son sens, elle avait fait savoir qu’elle pourrait cesser ses activités.

Avec les informations de Nick Murray

Radio-Canada

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