Un volcan en Alaska a précipité un refroidissement global 1600 ans avant notre ère

Le cratère volcanique du mont Aniakchak, en Alaska (M. Williams, National Park Service/Wikicommons)
Le mont Aniakchak, en Alaska, a été le lieu d’une gigantesque éruption volcanique en l’an 1628 avant notre ère qui a entraîné un grand refroidissement mondial l’année suivante, ont déterminé les chercheurs d’une équipe internationale.

Jusqu’à présent, les scientifiques attribuaient la source de ce refroidissement dans l’Antiquité au volcan entré en éruption vers 1600 avant Jésus-Christ sur l’île méditerranéenne de Théra (aujourd’hui Santorini). Cet événement, appelé « éruption minoenne », est documenté dans des récits de l’Antiquité, et a détruit l’ancienne cité de Théra.

L’analyse de carottes de glace prélevées au Groenland et en Antarctique a permis de mettre le doigt sur la vraie coupable, un peu moins connue, soit l’éruption volcanique appelée « Aniakchak II », d’après les travaux de l’équipe dirigée par Michael Sigl, de l’Université de Berne, en Suisse, et par Charlotte Pearson, de l’Université de l’Arizona.

L’Aniakchak est situé dans la chaîne aléoutienne, en Alaska, et fait partie de la ceinture de feu du Pacifique, un alignement de volcans et une importante zone sismique qui coïncide avec les limites de plaques tectoniques.

Lors de l’éruption de l’an -1628, le volcan a propulsé quelque 100 mégatonnes de cendres et de dioxyde de soufre à 40 km de hauteur, dans la stratosphère, qui se sont ensuite répandus un peu partout sur la planète avec les courants atmosphériques, jusqu’en Antarctique, ce qui est aujourd’hui visible dans les carottes de glace.

Il s’agirait de la plus forte éruption à avoir modifié le climat mondial au cours des 4000 dernières années, selon les scientifiques. L’éruption de l’Aniakchak a laissé un cratère de 10 kilomètres de diamètre dans le relief alaskien.

D’après les chercheurs, l’éruption sur Théra, en Méditerranée, bien que très forte et ayant profondément nui à l’atmosphère et à l’environnement de cette région à l’époque, n’était pas assez puissante pour avoir eu l’impact planétaire dont les traces sont aujourd’hui visibles au Groenland et en Antarctique.

Dans l’étude, les chercheurs ont recensé toutes les éruptions volcaniques majeures et leurs conséquences entre 1700 et 1500 avant Jésus-Christ.

« Jusqu’à présent, le refroidissement global en 1627 av. J.-C. avait été attribué à l’éruption sur Théra. Mais cela est faux. Nous avons pu montrer que la colossale éruption de l’Aniakchak en était responsable », affirme dans un communiqué Michael Sigl, qui est professeur de physique climatique et environnementale à l’Université de Berne.

Les chercheurs ont croisé leurs analyses des résidus de soufre et de cendres dans les carottes de glace avec la dendrochronologie, soit l’étude des anneaux de croissance des arbres, ce qui a permis une datation exacte de l’événement.

Cette photo montre les anneaux de croissance d’anciens pins dans les montagnes Blanches, en Californie. Le cerne foncé, au centre, correspond à l’année -1627 avant notre ère, ce qui serait la conséquence climatique de l’éruption de l’Aniakchak l’année précédente, en -1628. (Charlotte Pearson, Université de l’Arizona)

Les chercheurs avancent que les conséquences de l’éruption de l’Aniakchak concordent avec les observations astronomiques des Babyloniens qui, en 1627 avant Jésus-Christ, rapportent la disparition de Vénus dans le ciel, sans doute en raison des particules de cendres dans l’atmosphère.

L’étude des éruptions volcaniques majeures dans l’histoire permet de mieux comprendre et de prévoir les conséquences de tels événements à l’avenir, précisent les chercheurs.

L’étude est parue dans la revue PNAS Nexus.

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