À Yellowknife, la communauté veut mieux accueillir ses nouveaux arrivants

Un panneau de la Fédération franco-ténoise devant une tente abritant des exposants.
La Fédération franco-ténoise et l’initiative Communauté francophone accueillante de Yellowknife organisaient la cinquième édition de leur Journée d’accueil des nouveaux arrivants. (Photo : Radio-Canada/Mohamed-Amin Kehel)

Des organismes franco-ténois veulent mieux accueillir les nouveaux arrivants qui ont quitté leur pays pour répondre à l’appel du Grand Nord. C’est le cas de l’école Allain St-Cyr, qui compte désormais des membres du personnel et des élèves de différentes nationalités.

Mardi, elle a offert une formation pour mieux accueillir les enseignants venus d’autres pays. Une quarantaine d’employés incluant des enseignants, et d’autres membres du personnel et de la direction ont écouté attentivement Hemedzo Mensah.

Du choc culturel au déclassement social vécu par certains immigrants, en passant par les différences de codes sociaux, le Togolais de naissance utilise son propre parcours pour incarner son propos.

Il y a de plus en plus d’enseignants issus de l’immigration, constate Mr Hemedzo, et de par ce que j’ai vécu, mon expérience qui s’est mal passée et bien passée ensuite, je sais ce qui m’a aidé à mieux m’intégrer.

La question était : comment être mieux outillé pour mieux accueillir ces personnes issues de différents horizons?, explique François Rouleau, le directeur général de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest.

Alors qu’il y avait des élèves et des employés de trois ou quatre nationalités auparavant, l’établissement en compte désormais 67.

Hemedzo Mensah montre une diapositive intitulée « le choc culturel » à son public dans le gymnase de l'école Allain St-Cyr.
Devant le personnel de l’école Allain St-Cyr, Hemedzo Mensah a utilisé les exemples de son propre parcours pour expliquer les difficultés d’intégration des nouveaux arrivants. (Photo : Radio-Canada/Mohamed-Amin Kehel)

Dans l’assistance divisée en plusieurs tables, on discute et réfléchit aux études de cas proposées par le formateur.

Il faut donner des pistes, apprendre leurs cultures, et eux apprendre de la nôtre, avance Ingrid Wood, l’animatrice culturelle et bibliothécaire de l’établissement.

Il faut poser des questions aussi et se mettre à la place des personnes qui viennent d’arriver, renchérit Karine Pelletier, enseignante en 2e et 3e année.

À une autre table, la discussion est tout aussi animée.

Chacun a son rôle et sa part de responsabilité, juge Simon Markowski-Bourque, professeur d’éducation physique.

Samson Mbau, adjoint au programme de soutien et originaire du Congo, souligne aussi l’importance d’intégrer les collègues dans un cadre parascolaire, pour voir la vie sous un autre angle.

Quand tu regardes dans la salle, il y a des gens qui viennent de partout, personne n’est né ici, personne qui vient des Territoires du Nord-Ouest, dit Simon Markowski-Bourque, professeur d’éducation physique à l’école Allain St-Cyr. Donc tout le monde est capable de s’identifier.

Les deux professionnels de l’éducation s’accordent notamment sur l’importance de ces formations organisées par la direction.

Une nouvelle dynamique d’immigration

Plus tard dans la journée, au marché fermier de Yellowknife organisé tous les mardis, l’initiative Communauté francophone accueillante (CFA) a pour sa part organisé sa Journée d’accueil des nouveaux arrivants au parc Somba K’e de la capitale ténoise.

On a senti un changement, au fil de notre travail au quotidien, relate Lisa Boisneault, coordonnatrice de la CFA de Yellowknife.

On avait beaucoup de personnes immigrantes seules en quête d’aventure, poursuit-elle, mais là on a beaucoup plus de familles, des gens de l’Afrique, une communauté marocaine qui est importante ici.

À ses côtés, Marion Perrin, coordonnatrice du Réseau en immigration francophone des T.N.-O., acquiesce.

Les profils et les parcours d’immigration sont très différents, complète-t-elle, et on essaie d’adapter au mieux nos services à ces dynamiques qui changent au fil des années.

Lisa Boisneault et Marion Perrin.
Lisa Boisneault et Marion Perrin ont constaté que davantage de familles originaires des pays africains viennent vivre à Yellowknife. (Photo : Radio-Canada/Mohamed-Amin Kehel)

Dans un coin du parc, Basma El-Bousstani, une jeune Marocaine de 13 ans, arrivée il y a 8 mois avec sa famille, évoque avoir adopté Yellowknife.

Dans ma classe j’ai rencontré des gens des Philippines, du Pakistan, de l’Inde, raconte-t-elle dans un sourire.

Un peu plus loin, Divine Lombe Manga, Yvanna Ogolong et Sylvanie Wache, trois Camerounaises, s’affairent à la table des activités pour enfants. L’air assuré, Divine, 16 ans, a vu sa communauté grandir depuis son arrivée il y a trois ans.

Avec la croissance de la communauté francophone, notamment chez les Camerounais, ça devient de plus en plus agréable, constate-t-elle.

Aujourd’hui il y en a tellement, mais tellement! Par contre quand je suis venue, ma première année, il n’y en avait pas, dit Divine Lombe Manga.

Sylvanie approuve : «Ça fait plaisir de retrouver ses pairs dans un pays lointain.»

C’est beaucoup plus simple de voir que je peux aider certaines personnes immigrantes quand moi aussi j’ai été aidé (nouvelle fenêtre), confie pour sa part Yvanna.

Portrait de Yvanna Ogolong et Sylvanie Wache côte à côte.
Yvanna Ogolong et Sylvanie Wache sont toutes les deux de jeunes Camerounaises installées à Yellowknife. (Photo : Radio-Canada/Mohamed-Amin Kehel)

Nouer des liens avec les communautés autochtones

Les Territoires du Nord-Ouest comptent 27 communautés autochtones. Les nouveaux arrivants demandent d’en connaître davantage sur les cultures autochtones, souligne Lisa Boisneault.

Il y a aussi un devoir d’enseignement et de sensibilisation à ce qu’il s’est passé au Canada, ajoute Marion Perrin.

Symbole de cette volonté de rapprochement, l’événement de la CFA a invité pour la première fois Ernest Betsina, un des chefs de la Première Nation des Dénés Yellowknives. Pour lui, il était important de venir, car Yellowknife devient multiculturelle.

On veut leur montrer notre culture, nos traditions, mais je veux aussi apprendre de leur culture, d’où ils viennent et garder l’esprit ouvert, dit Ernest Betsina, chef de Dettah pour la Première Nation des Dénés Yellowknives.

Ernest Betsina était accompagné d’un groupe de Dénés jouant du tambour. Ils ont ouvert la cérémonie de leurs percussions et de leurs chants.

Un enfant noir s'approchant d'un groupe joueurs de tambours qui lui sourient.
Au parc Somba K’e, un groupe de joueurs de tambour dénés est venu ouvrir la cérémonie mardi. (Photo : Radio-Canada/Mohamed-Amin Kehel)

Au beau milieu de la prestation, un enfant issu de l’immigration africaine s’est approché, et a tendu la main vers les batteurs qui ont répondu d’un rire franc avant d’inviter tout le monde à danser en cercle.

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