Mary Simon et Natan Obed à l’Arctic Frontiers, le Grand Nord sous les projecteurs

TROMSØ, Norvège — Alors que la sécurité dans l’Arctique domine l’actualité depuis les appels du président américain Donald Trump à une prise de contrôle du Groenland par les États-Unis, l’édition de cette année de la conférence Arctic Frontiers suscite une attention accrue, notamment en raison de la présence de plusieurs intervenants canadiens au programme.
Organisée chaque année dans la ville arctique de Tromsø, Arctic Frontiers réunit des responsables politiques, des leaders autochtones, des scientifiques, des représentants du milieu des affaires, des chercheurs et des décideurs afin de débattre des enjeux qui façonnent le Nord circumpolaire.
Parmi les Canadiens de premier plan appelés à prendre la parole cette année figure la gouverneure générale du Canada, Mary Simon, qui prononcera une allocution principale lors d’une séance consacrée à l’état des affaires arctiques. Originaire du Nunavik, Mme Simon interviendra également lors d’un événement parallèle portant sur le leadership des femmes autochtones.
Natan Obed, président de Inuit Tapiriit Kanatami, participera pour sa part à un panel sur les infrastructures arctiques et sur la nécessité pour les communautés inuit d’avoir leur mot à dire dans les orientations futures.
Cette participation intervient alors qu’Arctic Frontiers s’ouvre dans un contexte d’attention croissante portée aux enjeux de sécurité dans le Nord, une évolution qui, selon les organisateurs, influence l’agenda de la conférence sans pour autant le définir entièrement.
« Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022, les politiques de sécurité et la géopolitique occupent une place de plus en plus importante dans les discussions sur l’Arctique, et Arctic Frontiers n’y fait pas exception », a déclaré Anu Fredrikson, directrice générale de la conférence.
« Sans éluder ces questions géopolitiques, nous souhaitons néanmoins recentrer l’agenda arctique en diversifiant les thèmes abordés. »
Cela passe notamment, a-t-elle précisé, par l’intégration des voix des populations qui vivent dans le Nord — y compris celles des communautés arctiques et autochtones — dans les discussions, y compris celles portant sur la sécurité et sur l’afflux d’investissements militaires annoncés par les pays nordiques ces derniers mois.
« Dans certaines régions de l’Arctique, l’ampleur de ces investissements est sans précédent, et le potentiel d’usages à double vocation — notamment pour les infrastructures — est considérable », a-t-elle souligné.
« Nous souhaitons mettre en lumière les répercussions locales et régionales de ces investissements et débattre de la question de savoir quelles priorités orientent réellement les décisions. »
La conférence Arctic Frontiers se déroule du 2 au 5 février.
Contactez Eilis Quinn à eilis.quinn@radio-canada.ca
Traduit de l’anglais par Ismaël Houdassine, Regard sur l’Arctique
