Dans le Grand Nord canadien, apprendre à jouer pour préserver la culture dénée

Une douzaine de participants ont appris à jouer à des jeux traditionnels dénés et à des sports arctiques cette semaine, dans le cadre d’un atelier organisé par le Cercle sportif autochtone des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.).
Ils aspirent à obtenir une certification en tant qu’entraîneurs de ces disciplines afin de préserver cet héritage culturel.
Shannon Cazon est amatrice des jeux dénés depuis son enfance. « Dès mon plus jeune âge, mes grands-parents, que ce soit du côté de mon père ou de ma mère, m’ont inculqué leur savoir, leur culture, leurs valeurs, leurs principes et leurs règles ancestrales », indique-t-elle.
Mme Cazon a elle-même participé à un atelier similaire l’année dernière. Elle peut maintenant transmettre ses nouvelles connaissances en tant qu’instructrice et raconte qu’elle a eu l’occasion d’enseigner les jeux dans diverses écoles réparties dans les Territoires du Nord-Ouest.
« J’adore enseigner les jeux », dit-elle en souriant. « Ils sont tous axés sur la précision, la force, l’endurance, l’agilité et même la tolérance à la douleur. »

Les jeux évoquent également des habiletés de survie sur le territoire, précise-t-elle. Par exemple, dans le lancer du harpon, deux adversaires s’affrontent, chacun tenant un harpon dans ses mains. Ils se passent une balle en osier, fabriquée à partir de saule, et l’objectif est de percer la balle avec le harpon.
« Exposés aux conditions extrêmes du territoire, on ne réussissait pas toujours à chasser un orignal. Parfois, il fallait se contenter de quelque chose de beaucoup plus petit, comme un petit oiseau. »
Jamais trop tard
Lorna Storr, originaire d’Aklavik, est l’une des instructrices participant à l’atelier. La femme de 70 ans affirme qu’elle a commencé à s’intéresser aux jeux traditionnels seulement dans la quarantaine. Avant de faire partager son savoir à d’autres, elle a pris part à ce genre de séances d’apprentissage.
« Cela me fait plaisir, car nous avons besoin d’instructeurs et d’entraîneurs », dit-elle.

Elle a enseigné le « stick raise » aux autres participants. Deux joueurs s’affrontent en tenant un bâton à l’horizontale entre eux. L’un le tient au milieu, tandis que l’autre le tient de chaque côté des mains de son adversaire. Celui qui tient le bâton au milieu essaie de le maintenir en place durant 8 secondes, alors que l’autre veut le soulever.
Le jeu permet de développer la force du tronc et des bras, comme l’explique Lorna Storr.
« On utilise tous ces muscles, jusqu’au cou, et l’on développe la force nécessaire pour des techniques de survie en camping. »

Tthën Catholique était l’une des apprenties de l’atelier. Originaire de Łutselk’e, elle habite à Yellowknife pour poursuivre ses études secondaires.
Elle est heureuse d’avoir l’occasion d’approfondir ses connaissances sur ces sports et sur la façon de les enseigner.
« Je veux devenir une enseignante au secondaire et j’aimerais pouvoir un jour les incorporer dans mon travail. »
Les jeux dénés et les sports arctiques seront tous deux au programme des Jeux d’hiver de l’Arctique, qui se dérouleront dans un mois à Whitehorse.
Avec les informations de Julia Parrish
