Où en est la construction du château de neige dans le Grand Nord canadien?

Chaque hiver, le château de neige du festival d’hiver de Yellowknife renaît grâce à une improvisation maîtrisée. Sans plans précis, Anthony Foliot et son équipe façonnent tunnels et pentes au fil des idées spontanées et du travail des artistes.
À Yellowknife, chaque mois de mars, un édifice surgit du paysage glacé du Grand lac des Esclaves : le château de neige, cœur battant du festival d’hiver du Roi des neiges. Derrière ses murs massifs et ses glissades quasi vertigineuses, le développement du site repose sur une méthode aussi surprenante qu’efficace, l’improvisation maîtrisée.
Un château sans plan
« Nous n’avons jamais de plan. On ne fait jamais de dessins avant de commencer », lance Anthony Foliot, bâtisseur du château depuis 31 éditions, que l’on nomme humblement « Roi de la neige ».
Ici, pas de plans d’architecte soigneusement tracés à l’avance. Chaque journée commence par une décision simple. Le projet évolue selon les idées du moment, les contraintes techniques et l’expérience accumulée au fil des décennies. Une paroi courbée en glace, imaginée, a ainsi été conçue le jour même pour laisser pénétrer la lumière de mars et illuminer l’intérieur.
Cette année encore, l’équipe accueille des artistes venus d’un peu partout – de l’Île-du-Prince-Édouard, du Texas, de la Finlande et du Québec – chargés de sculpter les murs après l’ouverture officielle. « Ils sont comme des missionnaires », lance le « Roi » avec humour. Leur travail transforme les volumes bruts en œuvres détaillées qui évolueront tout au long du festival.
Des nouveautés et des changements
L’un des grands axes du développement concerne les tunnels et les glissades, particulièrement aimé par les enfants. Pour accélérer la construction, l’équipe utilise désormais des moules surnommés « beetles » et « titan beetles ». La neige est compactée dans ces formes, créant des structures solides sans avoir à creuser laborieusement.
La sécurité influe aussi sur la conception. L’orientation des glissades a été revue après certains incidents passés. De plus, une zone spécifique réservée aux spectacles nocturnes, un espace fumeurs, a été aménagée pour garder le site propre. Après plus de trois décennies, Anthony Foliot reste animé par la même passion. « Je me débrouille bien pour la construction avec de la neige comme matériau et j’ai la chance d’être mon propre patron! », ajoute-t-il.
Un dernier conseil pour les futurs visiteurs du lieu : « Habille-toi chaudement, eh? » Car, au-delà de l’architecture, le château de neige est, avant tout, une expérience à vivre bien emmitouflé au cœur de l’hiver nordique.
Un article d’Élodie Roy, Médias ténois
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