L’épinette noire malmenée par les changements climatiques et les feux de forêt dans le Grand Nord canadien

Un lac entouré de conifères dans les Territoires du Nord-Ouest. (Liny Lamberink/Radio-Canada)
L’augmentation du nombre de feux de forêt au Canada réduit la résilience des épinettes noires et modifie la composition de la forêt boréale, selon une étude d’une vingtaine de chercheurs.

L’épinette noire pousse dans la vaste zone boréale d’Amérique du Nord qui s’étend dans les 3 territoires et les 10 provinces.

Les chercheurs, qui ont publié leurs données dans la revue Proceedings in the National Academy of Sciences (en anglais), ont examiné des sites qui avaient été dévorés par des incendies et sur lesquels poussaient des épinettes noires. Or, une fois les feux éteints, ils se sont aperçus que ces arbres avaient tendance à perdre leur dominance à ces endroits.

« On ne voit pas un retour de l’épinette comme on s’y attendait », explique Jill Johnstone, une scientifique établie au Yukon qui a participé à l’étude. Elle fait partie d’une équipe qui a examiné 1538 sites forestiers qui ont brûlé dans le territoire au cours des 25 dernières années.

« Environ un tiers des sites forestiers d’épinette noire n’ont pas retrouvé une trajectoire qui leur permettrait de dominer dans la forêt », dit Mme Johnstone dont l’étude a été menée par Jennifer Baltzer, de la Chaire de recherche du Canada sur les forêts et le changement mondial.

Dans un communiqué, Mme Baltzer dit que l’effet cumulatif d’une hausse des feux de forêt alimentée par un climat plus chaud et sec empêche l’épinette noire de retrouver sa vigueur d’antan : « L’écosystème est à un moment charnière qui va s’orienter vers un état différent. »

D’après la chercheuse Jill Johnstone, les arbres libèrent des graines de leurs cônes lorsqu’il y a un incendie de forêt. Puis, les années suivantes, les semis poussent et la forêt est renouvelée.

Cependant, le temps sec et chaud ne permet pas à ces semis de pousser comme ils le faisaient auparavant.

Par contre, après avoir examiné des secteurs des Territoires du Nord-Ouest victimes de feux de forêt en 2014, les chercheurs se sont aperçus que certains arbres comme le peuplier et le bouleau avaient tendance à repousser normalement et ne brûlaient pas aussi facilement que l’épinette.

Autrement dit, explique Jill Johnstone, le changement d’une espèce dominante, soit l’épinette noire, pourrait réduire le rythme de croissance du nombre de feux dans la forêt boréale.

D’après les informations de Liny Lamberink

Radio-Canada

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