Les masques reprennent leurs récits en territoire Kaska

Un masque de bois.
L’un des masques de Dennis Shorty qui sera bientôt terminé. Au cours de la prochaine année, il apprendra à un groupe à réaliser les leurs. (Photo : Julien Greene/CBC)

Après une interruption de près de 10 ans, le maître sculpteur Dennis Shorty et sa conjointe, Jenny, ont rouvert leur atelier aux apprentis du territoire Kaska, pour transmettre l’art traditionnel de la confection de masques de bois.

Un peuplier se dresse fièrement sur le bord de la rivière Ross, au Yukon. Dennis Shorty dépose du tabac à son pied et commence une prière.

L’arbre s’apprête à vivre une transformation.

Un peuplier.
C’est ce peuplier qui a été coupé au cours d’une cérémonie et utilisé pour confectionner les masques pendant l’atelier. (Photo : Julien Greene/CBC)

Ciseaux et couteaux à la main, les élèves ont commencé, la fin de semaine dernière, à travailler le bois de leur forêt pour y faire apparaître leurs premiers masques traditionnels. Ils écoutent les enseignements, mais également des histoires de leur maître.

Le processus est long, mais les apprentis auront toute l’année pour développer leur art et assisteront à un atelier tous les mois.

Ils auront finalement la chance de montrer leurs œuvres au Centre des arts du Yukon. Des places sont toujours libres, et tout le monde est invité à y participer.

Dennis Shorty avec une bûche de peuplier.
Dennis Shorty est le maître sculpteur qui a créé cet atelier de confection de masques. (Photo : Julien Greene/CBC)

Les masques racontent une histoire, mais plus encore. Ils appartiennent à la Terre mère, vous savez, dit Dennis Shorty. Ils appartiennent aux arbres, aux pierres, aux animaux. Il faut les respecter. C’est l’idée que nous voulons véhiculer, nous devons prendre soin de notre territoire.

Linda Shorty, qui maîtrise l’art du perlage, a décidé d’apprendre quelque chose de nouveau. La sculpture lui apporte une sensation de calme.

Selon elle, son grand frère est le meilleur enseignant qui soit.

Ils [les enseignants] vont vers les autres, transmettent leurs connaissances au sujet de notre culture et la font vivre, souligne-t-elle. Ce travail d’équipe, le fait d’être ensemble, l’entendre parler de ses histoires, ça nous fait du bien à tous.

Pour l’allure que prendra son masque, l’idée germe tranquillement.

J’ai parlé avec mon bloc de bois, je l’ai touché. Ce sera beau, confie-t-elle.

Marcel Pelletier, Anishinaabe et membre de la Première Nation Pine Creek, au Manitoba, a contribué à la cérémonie.

Il a fait la route de l’Alberta jusqu’au Yukon, à travers la forêt boréale.

Il a vu des millions d’arbres et en a choisi un.

Marcel Pelletier transporte une bûche à Ross River au mois de mai 2026.
Marcel Pelletier, membre de la Première Nation Pine Creek, au Manitoba, a fait le chemin jusqu’au Yukon pour participer à l’atelier de sculpture. (Photo : Julien Greene/CBC)

Nous lui avons rendu hommage, avons chanté et prié pour lui. Lorsque j’ai su que cette cérémonie allait avoir lieu et s’inscrire dans l’histoire, j’ai pensé qu’il était important que ma petite-fille ait la chance d’y assister. Cela se produit de plus en plus à travers l’île de la Tortue. Les gens renouent avec ces cérémonies, conclut Marcel Pelletier.

Avec les informations de Julien Greene

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