Le Conseil circumpolaire inuit se réunit à Iqaluit dans un contexte tendu en Arctique

Le Conseil circumpolaire inuit (CCI) tient cette semaine sa 15e assemblée générale à Iqaluit, la capitale du Nunavut. Le rassemblement veut aborder diverses questions, de la préservation des cultures inuit à la sécurité alimentaire en passant par les tensions géopolitiques, notamment les menaces d’annexion du Groenland par le président américain Donald Trump.
Près de 400 personnes sont attendues pour cet événement qui se tient tous les quatre ans et dont la dernière édition s’était tenue virtuellement à cause de la pandémie de COVID-19.
Établi en 1977, le CCI représente près de 180 000 membres à travers le territoire traditionnel Inuit Nunaat, qui couvre l’Alaska, le Canada, le Groenland et la région du Tchoukotka, en Russie.
Sa mission est de promouvoir les enjeux inuit sur la scène internationale, de consolider la collaboration politique et économique entre les États et d’encourager le développement de stratégies de protection de l’environnement en Arctique.
Une visibilité internationale accrue
« En général, pour les Inuit, c’est un moment qui est différent, » constate la présidente sortante, Sara Olsvig. « C’est tumultueux. »
Inuk née au Groenland, où elle réside toujours, elle avait dénoncé la volonté des États-Unis de s’accaparer le territoire en assurant, en janvier 2025, qu’il n’existe pas de meilleurs colonisateurs que d’autres.
Sara Olsvig estime aujourd’hui que cette prise de position était nécessaire.
« L’intérêt que nous voyons de la part des États-Unis a clairement des relents de pensées colonialistes et impérialistes. »
En marge de ces tensions, le mandat groenlandais a été marqué par la participation du CCI à plusieurs événements internationaux.
L’organisation a participé à des forums des Nations Unies sur les droits autochtones, les changements climatiques ou encore la protection marine.

Elle a aussi accueilli le tout premier Sommet des femmes inuit à Sisimiut, au Groenland, et a obtenu un statut consultatif auprès de l’Organisation maritime internationale.
« Il est important que nous soyons présents aux réunions internationales, » estime Sara Olsvig. « Nous y énonçons nos principes et nos priorités. »
Un nouveau président au Canada
Cette semaine a aussi vu l’élection d’un nouveau président pour le pendant canadien du CCI.
Herb Nakimayak, originaire de Paulatuk, aux Territoires du Nord-Ouest, assurait l’intérim depuis septembre 2025 et a été confirmé officiellement à ce poste. Il avait auparavant été député de la circonscription de Nunakput entre 2015 et 2019.
Pour le Ténois, il est important pour les Inuit des différents pays d’afficher un front uni face aux menaces de Donald Trump.
« Toutes ces frontières des quatre États où nous vivons, elles semblent disparaître pendant ces 4 ou 5 jours, » estime-t-il avec bienveillance.

Samedi, le Groenland passera d’ailleurs le relais au Canada, qui assurera la présidence du CCI pour les quatre prochaines années.
« C’est une opportunité, pour nous, de devenir leaders sur la scène internationale pour les peuples autochtones et Inuit, » juge Natan Obed, le président de la Inuit Tapiriit Kanatami, l’organisation qui représente les Inuit du Canada.
À lire aussi :
