Feux de forêt près d’un ancien site d’extraction d’uranium aux T.N.-O.

Plusieurs panaches de fumée étaient visibles le 18 juillet autour de l’ancien site minier de Port Radium. (Laboratoires nucléaires canadiens)

Les autorités ténoises et fédérales surveillent étroitement plusieurs incendies qui brûlent à proximité d’un site minier historique d’uranium dans la région du Sahtu. Elles craignent notamment la présence accrue de radiations qui pourraient émaner si des infrastructures sont abîmées par les flammes.

La zone en question représente le territoire visé par le projet d’assainissement du Grand lac de l’Ours, qui comprend quatre anciens sites miniers sur les bords est du lac.

Le ministère fédéral des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, responsable du nettoyage des sites, a confirmé le 20 juillet qu’un brasier s’était déclaré près d’un camp abandonné de la baie Sawmill.

De l’uranium a été extrait de Port Radium, une mine située sur la rive est du Grand lac de l’Ours, près de la communauté de Deline, de 1940 à 1960.

Les travailleurs ont d’abord extrait le minerai à des fins médicales. Mais durant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement canadien en a discrètement commandé dans le cadre de sa participation au projet Manhattan, qui a contribué à produire la bombe nucléaire aux États-Unis.

Plusieurs décennies après sa fermeture, cette zone est toujours sujette à des radiations résiduelles inquiétantes, selon Ottawa, qui mentionne que plusieurs anciennes installations d’entreposage d’uranium doivent encore être nettoyées.

« Nous sommes en étroite collaboration avec le fédéral sur cela », assure Mike Westwick, agent d’information pour Feux TNO.

Engagé dans le projet d’assainissement, l’organisme Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) indique qu’il faudra du temps à ses équipes de retourner sur place pour poursuivre les opérations estivales.

« Il reste encore des feux de forêt dans la zone, donc il y a encore un risque pour notre personnel », mentionne LNC par courriel.

Feux de forêt et radioactivité

La communauté scientifique tente encore de comprendre de quelle façon la fumée des feux de forêt joue un rôle dans la propagation de particules radioactives, connues sous le nom de radionucléides.

« On peut penser que les mouvements et la quantité de radionucléides dans un environnement vont changer et dépendre de facteurs comme : quelles particules étaient là avant, le type de forêt, la puissance du feu », explique Stephanie Walsh, radioécologiste aux LNC.

« Mais ce qu’on ne sait pas encore et qui est l’un des principaux objectifs de notre recherche, c’est à quel point elles se déplacent. »

Avec les informations de Niles Niemuth

Radio-Canada

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