Des Gwich’in empruntent un sentier ancestral pour la première fois en 100 ans

Un groupe d’aventuriers a entrepris une expédition hors du commun, en suivant des chemins de randonnée ancestraux des Gwich’in, reliant le Yukon aux Territoires du Nord-Ouest, une première en plus d’un siècle.
Le groupe a traversé le territoire pendant cinq jours, allant de Vihsraii Nìivyaa (Curtain Mountain) dans le nord du Yukon près d’Old Crow jusqu’au camp James Creek du côté ténois de la route Dempster.
Wanda Pascal, une randonneuse expérimentée, confie que cette expédition a été l’une des plus difficiles pour son corps.
Je n’ai jamais, jamais eu d’ampoules en faisant de la randonnée, mais cette fois-ci, j’en ai eu.
En 1926, Lazarus Sittichinli a été le dernier à accomplir ce voyage. Une montagne de cette région porte désormais son nom pour honorer sa mémoire.
Sa petite-fille faisait partie du groupe qui a effectué la traversée à pied 100 ans plus tard.

Ouvert à tous
Wanda Pascal et Trina Nerysoo ont conçu l’idée de la randonnée en s’inspirant de récits historiques.
Elles ont interrogé d’autres Gwich’in pour voir si certains souhaitaient se joindre à elles.
Nous voulions éliminer les obstacles autant que possible, soutient Trina Nerysoo.C’était ouvert à tous, nous voulions simplement comprendre l’intérêt de la personne.
Finalement, parmi les 12 personnes qui ont manifesté de l’intérêt, 9 d’entre elles ont pu s’engager dans l’aventure.
Les participants se sont envolés vers Curtain Mountain, au Yukon, en hélicoptère, et ont entamé le trajet de retour vers les Territoires du Nord-Ouest avec une quinzaine de kilos sur le dos.

Quatre pattes en soutien
Le premier jour, le groupe a parcouru plus de 13 kilomètres en 16 heures pour finalement planter les tentes au sommet d’une montagne.
On a retracé les chemins de caribou, dit l’artiste gwich’in Allan Benjamin, originaire d’Old Crow.
Le lendemain, le groupe s’est encore inspiré des amis à quatre pattes pour tracer sa descente sur les versants escarpés.
J’ai dit au groupe : « Les mouflons nous montrent le chemin avec leur sentier! », se rappelle Benjamin.Sans l’aide des animaux, le trajet nous aurait sans doute pris une journée de plus.
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Une expérience mémorable
Pendant le voyage, Wanda Pascal affirme qu’elle a ressenti une profonde affinité avec ses ancêtres. Cette expérience a également permis d’établir une relation spéciale au sein du groupe, soutient-elle.
En tant que Gwich’in, on s’entraide et on prend soin l’un de l’autre comme si nous étions une personne, explique-t-elle.

À 69 ans, Allan Benjamin maintient que le groupe a toujours eu confiance en ses capacités de mener à bien l’expédition.
Même ma mère, âgée de 91 ans, me disait que je devais y participer, affirme-t-il.
Bien que ses pieds soient encore en train de guérir, Wanda Pascal s’organise déjà pour préparer une autre randonnée de trois jours dans le parc territorial Tombstone, au Yukon, dans quelques semaines.
D’après un texte de John Last
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